Le profil du futur ministre des Outre-mer tarde à se préciser

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Rue Oudinot
Le ministère des Outre-mer, au 27 rue Oudinot, dans le 7e arrondissement de Paris. ©Outre-mer La 1ère
Alors que la Première ministre met la dernière main à la composition de son nouveau gouvernement, le profil du futur ministre des Outre-mer demeure imprécis. Les candidats ne se bousculent pas pour incarner dans nos territoires périphériques, la politique du président réélu.

"Première ministre cherche perle rare pour devenir ministre des Outre-mer. Faire offre rue Oudinot". Telle pourrait être libellée l’annonce d’offre d’emploi pour le recrutement du futur locataire de l’hôtel de Montmorin, siège du ministère des Outre-mer. Le profil du poste à haut potentiel reste encore indéterminé et indéfini. Le collaborateur retenu doit posséder des qualités difficiles à trouver par les temps qui courent.

Et ce, en raison du fort reflux dans nos territoires de l’influence du président réélu. Ce qui limite le rayon d’action de la Première ministre. Elle peine à trouver la perle rare pour occuper un fauteuil doté d’une faible attractivité au sein du personnel politique. Il faut reconnaître que nos territoires sont vus à Paris comme particulièrement complexes à comprendre.

Qui est capable de saisir en quelques mois nos réalités tronquées par des statistiques décalées et des normes administratives obsolètes ? Avec un peuple différent dans chacun des territoires, ayant chacun une culture singulière, la tâche n’est pas aisée pour le politicien hexagonal. Surtout qu’il doit composer avec des aspirations différentes exprimées dans nos onze collectivités. Par exemple, à Mayotte, on veut plus de France, alors qu’à Tahiti on en veut le moins possible. Et aux Antilles et en Guyane, nous naviguons entre ces deux options.

Mission quasiment impossible

Trouver celui ou celle qui correspond au profil du poste relève de la mission presque impossible. En tout cas, c’est un vrai casse-tête. Il faut que le ministre des Outre-mer mette de côté cette arrogance qui a tant desservi le chef de l’Etat et ses partisans. Il faut qu’il ait montré sa capacité à remporter des élections et qu’il dispose d’un fort ancrage local.

Par ailleurs, la Première ministre doit constituer son équipe en recherchant un équilibre géopolitique entre les divers territoires de la France entière. Les ministres doivent venir aussi bien des grandes villes que des zones rurales.

Sans oublier l’Outre-mer. Ceci n’est pas obligatoire, bien que  tous les gouvernements depuis Jacques Chirac comportent au moins une personnalité native de nos territoires, chargée de l’Outre-mer ou d’autres départements ministériels. Cette fois, il n’est pas dit que sera possible. Hormis la Nouvelle-Calédonie et Tahiti où Emmanuel Macron est arrivé en tête du second tour de l’élection présidentielle, il est devenu risqué dans les autres territoires périphériques de se proclamer proche du président.

Gageons qu’il se trouvera bien un fidèle ou un ambitieux pour se sacrifier, vu la hauteur des défis à relever. Prendre le risque d’être taxé d’incompétence n’est pas neutre pour la suite d’une carrière politique. Sinon, chacun est libre d’adresser sa candidature au 27, rue Oudinot dans le VIIe arrondissement de Paris.