Les agriculteurs appellent les candidats à la CTM à se prononcer en faveur d'une réforme foncière

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Maraîchers
©AG

La question du foncier au cœur des préoccupations de professionnels de l’agriculture. Ils ont interpellé les candidats à l’élection de l’assemblée de Martinique. Jeudi 23 juin 2021 chaque liste a été reçue pour une séance de travail riche selon les participants.

Comme un refrain qui revient inlassablement sans réponse depuis belle lurette. La gestion du foncier agricole et de sa mise à disposition des nouveaux venus du secteur est à nouveau posée. En cette période électorale, 5 structures ont interpellé les candidats à la CTM via une lettre ouverte : le collectif Agrikiltè Pou Ni Tè, les organisations professionnelles et syndicales, la Coordination Rurale, les Jeunes Agriculteurs, l'OPAM et les Cols Verts.

Les jeunes agriculteurs tout comme les autres professionnels du secteur estiment être toujours dans l’attente de solutions et propositions pour leur installation et la pérennité de la filière. Ces organisations ont souhaité connaître la position des quatre derniers engagés pour le second tour des élections territoriales.

 

Maraîchers dans les champs
Besoin de foncier et de surfaces agricoles pour nourrir la population et espérer atteindre l'auto-suffisance alimentaire. ©Martinique la 1ère

 

 

Une centaine de diplômés chaque année en quête de surfaces agricoles

 

Les quatre listes ont participé avec des représentants des signataires de la missive à un échange sur le devenir de l’agriculture martiniquaise avec en point central, le foncier.

On s’est dit que face à une situation particulière avec une durée particulièrement longue de la prochaine mandature, 7 ans, il était important d’interpeller les derniers qualifiés. On considère aujourd’hui qu’il y a urgence à sauver un secteur en pleine déshérence, le secteur agricole.

 

La thématique que nous avons choisie est celle du foncier agricole puisque c’est le point de départ de tout développement. En fait, le marché du foncier est très tendu entre une demande qui est très forte et, une offre pas toujours existante ou difficilement accessible.

 

L’outil primordial pour l’exploitant agricole c’est en premier lieu la surface agricole. Chez nous, chaque année, il y a à peu près une centaine de jeunes qui sortent de formation avec un diplôme de responsable d’exploitation agricole.

 

La plupart se destine à devenir des exploitants agricoles et à être des chefs d’entreprises. Le problème c’est qu’ils ont les pires difficultés à trouver du foncier or c’est le point de départ à toute activité.

Olivier Palcy, président de l'Organisation patriotique des agriculteurs martiniquais (OPAM)

La démarche a été reçue de manière positive selon les représentants des organisations agricoles avec des candidats à la CTM très attentifs.

 

Têtes de liste du second tour des territotiales
Serge Letchimy, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor et Catherine Conconne. ©MartiniqueLa1ere

 

Un contrat moral et d’engagement paraphé entre les parties

 

Après chaque entretien (chaque liste a été reçue individuellement), les parties ont signé un document de travail. Occasion pour elles d’acter un contrat moral d’engagement et un calendrier de séances de travail dans une optique de co-construction.

Ce que je peux retenir c’est que tous les représentants des candidats ont été sensibles à la cause agricole. Au cours de nos échanges, ils ont été force de proposition. Il y a eu signature de contrat d’engagement pour mettre en œuvre ces propositions dès leur élection.

 

Maintenant on espère qu’ils vont tenir leur engagement. On parle d’une cause qui est commune à tous et nous avons l’ambition partagée d’arriver à une autonomie alimentaire donc forcément, ça passe en premier lieu par le foncier qui est incontournable.

Audrey Drela, trésorière des Jeunes Agriculteurs (J.A) en charge des questions liées au foncier

 

 

Collectif agricole pour le foncier
Un contrat d'engagement a été signé avec les candidats pour la poursuite du travail de co-construction autour de l'agriculture et de la politique foncière. ©P. Monnerville

 

Cette absence de foncier a un impact conséquent sur la volonté de ces martiniquais désireux de s’engager dans l’agriculture. Leur désir est de voir une Martinique s’approcher de l’autosuffisance.

Le collectif Agrikiltè Pou Ni Tè, avec les organisations professionnelles et syndicales, la Coordination Rurale, Les Jeunes Agriculteurs, l'OPAM et Les Cols Verts réclament une réforme de la politique foncière en Martinique sans tomber dans le jeu de promesses mais avec l’inscription d’une méthodologie concrète pour l’avenir avec des évaluations régulières puisque des dispositifs et structures sont là mais mériteraient de passer à une phase opérationnelle.