Les candidats au mandat de député de Martinique se hâtent lentement

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©Gilles targat / OM.1
Une campagne électorale peut en cacher une autre. Un mois et demi après l’élection du chef de l’Etat, nous devrons choisir les 577 députés, dont les 4 de Martinique. Plusieurs candidats sont déjà en ordre de marche, mais quel sera leur nombre final ?

Combien de candidatures seront-elles enregistrées pour ces élections législatives ? En 2017, nous comptions 53 candidatures (20 femmes et 33 hommes) sur la ligne de départ. Ils et elles étaient 15 dans la première circonscription, dite du Centre-Atlantique ou du Centre ; 11 dans celle du Nord ; 14 à Fort-de-France et 13 dans le Sud.

Une augmentation par rapport aux élections de 2012, quand 45 candidatures étaient enregistrées. Cette année-là, les électeurs votaient sur la base d’un nouveau découpage des quatre circonscriptions législatives. Cette modification explique partiellement cette abondance, en comparaison avec les deux élections précédentes : 27 candidatures en 2007 et 34 en 2002.

Une autre explication de cette profusion est la loi de février 2014 sur la limitation du cumul des mandats électifs. Plusieurs maires ou présidents de collectivités se sont abstenus de briguer un siège de député car il n’est plus possible pour un exécutif d’être parlementaire, comme auparavant.

Député, un mandat exclusif

 

Sont concernés le maire, l’adjoint au maire, le président et le vice-président d’une institution intercommunale, le président de conseil général ou de conseil régional. L’interdiction s’applique aussi aux deux présidents de la Collectivité Territoriale de Martinique ainsi qu’aux neuf membres du conseil exécutif et aux quatre vice-présidents de l’assemblée.

Aucun de ces élus ne peut être député ou sénateur. Néanmoins, ils peuvent se présenter librement à une élection parlementaire. En cas de victoire, ils démissionnent de leur mandat le plus ancien. Cet effet dissuasif créé un appel d’air pour ceux qui n’exercent pas une responsabilité exécutive locale et pour tout citoyen n’appartenant à aucune assemblée.

Ainsi, en 2017, nous ne comptions que deux maires candidats aux législatives, en rupture avec une certaine tradition voulant que l’édile était en même temps député, sénateur ou président du conseil général. Cette époque est révolue.

Combien de maires candidats cette année ?

 

Il est encore tôt pour savoir qui, parmi nos maires, se lancera dans la course. Nous pouvons parier qu’ils seront peu nombreux, d’autant que 18 d’entre eux siègent à l’Assemblée de Martinique. Sans compter ceux qui sont présidents et vice-présidents de nos trois communautés d’agglomération. Ils et elles sont 24 dans ce cas.

Un autre facteur d’incertitude quant au nombre probable de candidatures tient aux contours de notre paysage politique. Il a connu quelques modifications depuis les dernières législatives. Deux mouvements politiques ont été créés, Péyi’a de Jean-Philippe Nilor et Marcellin Nadeau, en février 2019, et La Martinique ensemble de Catherine Conconne, en novembre 2021.

Le Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM) a perdu de son influence, n’ayant plus de maire ni de parlementaire. Le Parti progressiste martiniquais (PPM) est contraint de nouer des alliances pour se maintenir. La droite ne parvient plus à regagner le terrain perdu depuis décennies.

Notons, enfin, le phénomène non négligeable de la progression de l’abstention. Les élections municipales de 2020 et les territoriales de 2021 ont confirmé cette tendance lourde. Certes, la pandémie a gêné de beaucoup la participation électorale. Qu’en sera-t-il cette fois ?Il se trouve que les électeurs ne se pressent guère pour le choix de nos députés.

Le cumul des mandats désormais limité

Depuis la départementalisation de mars 1946, la Martinique a compté seize députés-maires : Aimé Césaire (maire de Fort-de-France), Emmanuel Véry (Sainte-Marie), Camille Petit (Sainte-Marie), Maurice Louis-Joseph-Dogué (Ducos), Jean Maran (Sainte-Luce), Michel Renard (Marigot), Pierre Petit (Morne-Rouge), André Lesueur (Rivière-Salée), Anicet Turinay (Gros-Morne), Guy Lordinot (Sainte-Marie), Alfred Marie-Jeanne (Rivière-Pilote), Alfred Almont (Schoelcher), Louis-Joseph Manscour (Trinité), Pierre Samot (Lamentin), Serge Letchimy (Fort-de-France), Bruno Nestor Azérot (Sainte-Marie).

Nous avons eu également, durant cette période cinq sénateurs-maires : Paul Symphor (maire du Robert), Roger Lise (Case-Pilote), Rodolphe Désiré (Marin), Serge Larcher (Diamant) et Maurice Antiste (François).

Notons aussi que trois maires ont présidé le Conseil général : François Duval (maire du François), Alphonse Jean-Joseph (Rivière-Salée) et Emile Maurice (Saint-Joseph).