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Martinique-Côte d’Ivoire : le carnaval prolonge les liens entre les deux rives

La Martinique exporte son carnaval en Côte d’Ivoire grâce à Georges Ravoteur, un Martiniquais installé à Abidjan. Chaque année, il organise le défilé et le vidé. L’évènement est très prisé.
 

Georges Ravoteur, initiateur du carnaval ivoiro-antillais. © Actu live.net
© Actu live.net Georges Ravoteur, initiateur du carnaval ivoiro-antillais.
  • Serge Bilé
  • Publié le
La Martinique exporte son carnaval en Côte d’Ivoire grâce au martiniquais Georges Ravoteur installé à Abidjan, la capitale du pays. Chaque année, il organise le défilé et le vidé dans une atmosphère très chaleureuse.
Carnaval Martinique / Côte d'Ivoire
La Côte d’Ivoire entretient avec la Martinique et la Guadeloupe des relations anciennes qui remontent à l’époque coloniale. Les administrateurs Guy Tirolien et Albert Béville ont marqué leur passage sur ce territoire. Ecrivains, l’un comme l’autre, ils servaient la France mais dénonçaient le système colonial de l’intérieur. Guy Tirolien est l’auteur de la fameuse "Prière d'un petit enfant nègre".

Un autre Guadeloupéen, le commandant de cercle Guy Nairay, a également laissé une trace dans ce pays, au point qu’un quartier porte aujourd’hui son nom : Nairayville.
En 1956, Guy Nairay est choisi par Félix Houphouët-Boigny pour être son chef de cabinet, lorsque le député ivoirien entre pour la première fois au gouvernement français comme ministre délégué à la Présidence du Conseil, dans le cabinet du socialiste Guy Mollet.

"Monsieur Houphouët-Boigny m’a dit : Nairay, nous allons prendre l’indépendance ensemble". Il ne me voyait dans aucune autre fonction que celle d’être à ses côtés pour participer pleinement à la construction nationale avec lui", avait expliqué Guy Nairay dans le documentaire "les Antillais de Côte d’Ivoire", réalisé par RFO Martinique en 1995.

En 1960, lorsque la Côte d’Ivoire accède à l’indépendance, Houphouët-Boigny fait appel également à un Martiniquais, Raphaël Saller, pour l’aider à relever le défi. Saller est nommé ministre des Finances, des Affaires économiques et du Plan, dans le premier gouvernement ivoirien.
En 1960, le Martiniquais Raphaël Saller fait partie du premier gouvernement ivoirien (avec les lunettes à gauche au premier rang) © Collection Privée
© Collection Privée En 1960, le Martiniquais Raphaël Saller fait partie du premier gouvernement ivoirien (avec les lunettes à gauche au premier rang)
Saller est né en août 1899 au Marin. Après des études au lycée Schœlcher, il intègre l'École coloniale à Paris, puis sert comme administrateur en Afrique, avant d’être élu député de la Guinée.
À Abidjan, Saller applique une politique économique libérale qui assure la prospérité du pays. On lui doit le fameux "miracle ivoirien" qu’on a tant vanté dans les années 60.

Depuis, par vagues successives, de nombreux Antillais se sont installés en Côte d’Ivoire. Ils ont fondé une association qui regroupe également des Guyanais.

Nous avons fait le tour de la cité en chantant Hélicoptère de Jean Philippe Marthély
(
Georges Ravoteur)


En 2005, le Martiniquais Georges Ravoteur débarque à son tour à Bingerville. Très vite, il décide de s’impliquer dans la vie culturelle en important les traditions de son enfance dans son pays d’adoption. "Un jour, j’étais seul à la maison. J’étais en train de bouquiner et l’idée m’est venue, comme un flash. Je me suis dit : pourquoi ne ferais-je pas un chanté Noël ? Comme ça les Ivoiriens verraient comment nous fêtons la nativité aux Antilles. On a placardé des petites affiches, les gens se sont passés le mot, ils sont arrivés avec des mets africains. J’étais étonné parce qu’il y avait plus de cent personnes.

Après je me suis dit qu’il fallait aussi faire le carnaval. La première édition s’est passée dans ma maison. Nous avons fait le tour de la cité en chantant Hélicoptère de Jean Philippe Marthély. Et c’est comme ça que tout est parti", explique Georges Ravoteur.

Pour imposer le carnaval antillais, Georges Ravoteur le met à la sauce ivoirienne, en intégrant des rythmes et des danses locales. Aujourd’hui, l’événement est incontournable en Côte d’Ivoire. C’est dire si l’édition 2019, prévue les 1er et 2 mars prochain, est très attendue.

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