Martinique, réserve de biosphère ce qui demande aussi de balayer devant notre porte

environnement
Raid des Alizés 2018
une incursion dans l'intérieur des terres ©Raid des Alizés
Le classement de la Martinique comme réserve de biosphère le 15 septembre 2021 constitue une formidable occasion pour doper les projets de valorisation de nos richesses naturelles et culturelles. La mise en valeur notre patrimoine naturel et culturel, nous demande aussi de balayer devant notre porte

Combat réussi : la Martinique est désormais une réserve mondiale de biosphère. Ce verdict prononcé par l’Unesco lors de sa réunion annuelle tenue au Nigeria cette fois était attendu. Il n’en est que plus beau. Surtout que pas moins de 2 000 citoyens ont participé à la constitution de notre dossier de candidature durant trois ans. L’appui déterminant de la Collectivité Territoiriale de Martinique a pu convaincre le jury international que notre pays remplit tous les critères pour recevoir ce label.

Désormais, il nous sera plus facile, collectivement, de mettre en valeur notre patrimoine naturel et culturel. L’intérêt majeur de ce label réside dans le renforcement de l’attrait pour notre territoire. Non seulement pour les touristes, mais aussi pour ses habitants.

Protéger la nature et valoriser la culture

 

Nous sommes directement concernés par la protection de notre environnement et par la préservation de nos savoir-faire populaires dans tous les domaines de la création artisanale, artistique, économique et intellectuelle.

Une réserve de biosphère permet essentiellement d’orienter le développement global  vers la conservation de l’héritage culturel et de l’utilisation rationnelle des ressources naturelles d’un territoire. Saurons-nous saisir cette chance ? Pourrons-nous tirer profit saisir de cette opportunité ? La réponse est positive, vu la diversité des talents que nous saurons mobiliser.

Cependant, il est temps de se poser une question pouvant déranger : aimons-nous vraiment notre beau et riche pays ? Quand nous constatons notre comportement durant le trop long conflit au SMTVD, l’organisme de gestion des déchèteries, nous avons de quoi rester perplexe.

Des comportements inciviques

 

Pourquoi ne pas avoir attendu la fin du litige pour se débarrasser d’objets encombrants non urgents ? Etait-il impératif de jeter sur la chaussée à proximité des sites de tri nos réfrigérateurs usagés, nos appareils électro-ménagers hors d’usage, nos chutes de placards démontés ou nos déchets verts ? N’était-il pas possible de les entasser sur un balcon, dans une cave  ou dans un coin du jardin ?

Ces gestes sont incompréhensibles pour les uns et inadmissibles pour les autres. Ces marques d’incivisme témoignent aussi de l’ignorance de la loi, d’un sentiment d’impunité, du manque de bienséance ou d’irresponsabilité. Et aussi d’un manque de considération pour notre territoire.

Savons-nous lui témoigner en retour ce qu’il nous porte ? Savons-nous le remercier pour sa générosité, sa beauté, ses particularités ? En tout cas, il serait opportun d’oublier au plus vite que nous pouvons être aussi, hélas, une réserve de déchets.