Mobilisation à l’habitation Bamaryl au François, contre les conditions de travail

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Grève / banane / Bamaryl
Les grévistes CGTM de l'exploitation bananière de Bamaryl au François (7 juin 2021). ©Frank Edmond-Mariette

Ce lundi 7 juin 2021, les salariés de l’habitation Bamaryl, au Domaine de l’Acajou au François ont arrêté l’activité. Ils protestent contre leurs conditions de travail et les "pressions" subies selon eux, par une représentante du syndicat CGTM.

Plusieurs ouvriers agricoles de l’habitation Bamaryl, située au Domaine de l’Acajou, au François ( à proximité des rhumeries Clément) sont en grève. Ils dénoncent leurs conditions de travail et une menace de licenciement à l’encontre d’une déléguée syndicale suppléante de la CGTM (Centrale Générale des Travailleurs Martiniquais).

Cela fait trop longtemps que cette situation perdure. Le patron veut museler une représentante des salariés. Cette dernière est convoquée par l’inspection du travail ce mardi 8 juin à 10h.

 

Elle est dans le collimateur de la direction pour avoir dénoncé des problèmes d’organisation et d’hygiène. Par exemple une employée a fait un malaise en 2018 lorsqu’elle a été accusée d’avoir pénétré dans le bureau du patron sans autorisation.

 

Et puis il y a une façon de parler aux gens.

Nous disons trop c’est trop !.

(Marie-Hélène Surélly - secrétaire générale de la CGTM, section ouvriers agricoles).

 

Près de la moitié du personnel serait mobilisée pour l’instant d’après la cantrale, sur un effectif d’environ 50 ouvriers (dont 37 en CDI). Ces employés ont déjà débrayé plusieurs fois "pour les mêmes motifs" ajoute le syndicat.

On ne s’adresse pas aux gens n’importe comment. Nous ne sommes pas des chiens ! (...)

Le dialogue avec le patron est très difficile.

(Une ouvrière)

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Les ouvriers CGTM en grève à l'habitation Bamaryl au François, en compagnie de la secrétaire générale de la section, Marie-Hélène Surelly (tee-shirt rouge). ©Frank Edmond-Mariette

De son côté, la direction de l’exploitation dit "faire confiance à l’inspection du travail".

Je n’ai pas de commentaire à faire sur des allégations (…).

J’ai confiance en nos institutions, l’inspection du travail fera son boulot.

Ils ont plusieurs fois visité l’entreprise et les différents postes (…).

 

Par contre, moi, je suis régulièrement harcelé, insulté, diffamé par une partie du personnel (…).

 

J’ai toute la considération voulue pour mes salariés. Si j’avais dépassé les bornes, si j’avais eu une conduite inconvenante ou inadmissible, cela se saurait depuis longtemps, mais je ne souhaite pas en dire davantage.

(Guillaume Agnely - responsable de l’habitation)

 

La CGTM pourrait poursuivre et étendre le mouvement à d’autres exploitations bananières de l'île, "en fonction de ce qui sera décidé ce mardi à l’inspection du travail" précise t-elle.