Municipales 2020 : un vent de changement a soufflé sur le second tour en Martinique

politique
Dépouillement
Opération de dépouillement à la mairie de Ducos (28 juin 2020). ©Fabrice Théodose
Pas de révolution, mais plusieurs surprises ont conclu ce second tour des élections municipales. Passage en revue des changements dans six des sept communes concernées.
 
Le vent du changement a soufflé sur la carte électorale ce 28 juin 2020. Ne serait-ce que légèrement. Certaines victoires étaient attendues, comme celle de Yan Monplaisir. Le président de Ba péyi-a an chans avait une trop large avance au premier tour pour être inquiété par ses deux concurrents, Laurent Saint-Honoré et Camille Marlet.

Vicoire confortable et sans contestation pour Joseph Peraste face à l'ancien maire, Ange Lavenaire qui a peut-être joué là sa dernère carte électorale.

Il ne suffit pas d’être qualifié en première position pour l’emporter. Ruddy Duville en fait l’amère expérience en se faisant coiffer au poteau par Hughes Toussay. La bataille des premiers adjoints du Diamant tourne à l’avantage de celui qui était arrivé second au premier tour.

Alain-Claude Lagier, le candidat du Mouvement Populaire Franciscain (MPF), l’a également appris à ses dépens. Il a été nettement devancé par Samuel Tavernier dont la persévérance a fini par payer. Il obtient 4 019 voix (47,42%). Le dauphin désigné par l’équipe en place depuis 25 ans n’a pas convaincu avec 3 571 voix (42,13%). Karine Mousseau s’effondre entre les deux tours en totalisant 986 voix (11,63%).
 

Trois dauphins et un maire sortant battus


Même constat pour José Mirande, au Marin. Avec 2 116 voix (52,99%), il défait Yvonne Tritz, la première adjointe soutenue par le maire sortant qui recueille 1 877 voix (47,01%). La page de l’époque Rodolphe Désiré est tournée. Le chef de file de l’opposition municipale en était à sa quatrième tentative de ravir la mairie.

D’autres candidats, habitués des joutes électorales, ont cru à leur bonne étoile, à l’image de Jean-François Beaunol. Candidat les trois dernières fois, il finit par gagner son pari. Avec ses 1 951 voix (38,18%), il dépasse d’une courte tête de 8 voix le maire en place, Raymond Théodose (1 943 voix et 38,02%). Jean-François Beaunol a également distancé Victor Vladimir Veilleur (1 216 voix et 23,79%), le candidat soutenu par le président du MIM, Alfred Marie-Jeanne. Un véritable exploit.

Le qualificatif vaut également pour Aurélie Nella. La benjamine des candidats, 35 ans, bat deux ténors de la vie politique ducossaise avec 3 096 voix (46,53%). Marius Narcissot du MIM (2 187 voix et 32,87%) et Louis Marie-Sainte soutenu par le PPM (1 372 voix et 20,62%) n’ont pas réussir à empêcher la victoire de la vice-présidente de Péyi’a. Aurélie Nella est la quatrième femme maire dans un pays qui en manque singulièrement.

Les électeurs ont tranché : trois dauphins et un maire sortant battus. Un vent de changement a soufflé sur ce second tour, contrastant avec la constance du premier tour, où trois nouveaux maires seulement avaient été élus.