Le niveau élevé du chômage, signe du sous-développement  de l’économie martiniquaise

Agence pôle emploi
Pôle Emploi vient de publier le bilan 2018 de l’emploi en Martinique. Le nombre de personnes à la recherche d’un travail oscille de 52 000 à 58 000, cette année encore. Dans ces conditions, le chômage peut-il disparaître prochainement ?
Comme prévu, les chiffres de l'emploi sont mauvais en 2018. Il n'y a pas de raison que nous connaissions le plein emploi à brève échéance. Selon l’INSEE, 8% de la population active est concernée par le halo du chômage. Ce terme désigne les personnes aptes au travail mais qui n’en trouvent pas, ou qui ne sont pas disponibles dans les deux semaines, ou qui n’en cherchent pas. Ajouté aux 18% de chômeurs officiels, 1 adulte sur 3 ne travaille pas. C’est deux fois qu’en France continentale.
 
Paradoxe, le chômage ne cesse de baisser depuis les années 1950, quand la colonie à la pauvreté affligeante s'est transformée en département appelé à devenir riche. L'industrie sucrière a perdu des emplois en grande partie reconvertis dans la banane d'export, le bâtiment et les grandes surfaces. La forte émigration organisée par l'État dans les années 1960 à 1980 a permis également d'alléger le fardeau du haut niveau du chômage ces dernières décennies.
 

Une économie tournée vers le passé

 
Pourtant, le nombre d'emplois non pourvus reste élevé. Soit par manque de personnel qualifié, dans la santé ou les services à la personne. Soit parce que le salaire est trop bas, dans la canne à sucre ou la banane. Le chômage élevé n’est pas sur le point de disparaître. Pire, il contribue à la persistance de la pauvreté.
 
Il gêne la création d'emplois dans les secteurs de pointe comme l'agriculture bio, l'agroalimentaire, la pêche semi-industrielle, le tourisme de luxe, l'audiovisuel, le numérique. Les produits générés dans ces filières coûtent chers, les investissements et les salaires y étant plus élevés que dans les filières traditionnelles. Par ailleurs, le revenu global des consommateurs est tiré vers le bas du fait de ce chômage élevé et de la forte proportion de salariés payés autour du SMIC.
 
Dès lors, le chômage est-il en passe de disparaître ? A ce jour, nous n’avons pas les moyens d’inverser cette tendance au sous-emploi ou au non-emploi. C’est le défi du siècle, lancé à nos dirigeants, mais aussi à nous-mêmes.