"Notre société s’est fourvoyée…" : l’analyse très critique de l’Archevêque de Martinique, David Macaire

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Monseigneur Macaire
David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et de Fort-de-France en Martinique. ©Martinique la 1ère
À travers un texte publié le 11 mai 2022 dans les colonnes du journal en ligne Famille Chrétienne, l’Archevêque observe une société transformée en "un vidé immense et permanent" en Martinique. "Au carnaval comme au chanté Nwel, à la mi-Carême comme à Pâques, au tour des yoles comme à la rentrée, dans les médias comme aux enterrements et même à la messe, c’est un "soukwé sa" sans fin".

"Tout le monde le dit, nous assistons à un changement d’époque. Le côté tragique de l’Histoire est de retour". C’est l’amorce du texte de David Macaire publié le 11 mai 2022, dans le journal en ligne "Famille Chrétienne".  

Ce qui se déroule sous nos yeux, ce n’est pas la fin de la paix ou le retour du tragique, mais la dissipation de l’écran de fumée construit par l’idéologie occidentale impérialiste qui a régné sur le monde après la Seconde Guerre mondiale. Un monde où le progrès des techniques, du commerce et de la démocratie libérale devait assurer douceur, calme et volupté…

L’Archevêque

  "Le non-sens du tout est permis"  

Les enfants gâtés qui ont fait Mai 68 ont dirigé le monde depuis 50 ans (y compris dans le clergé et dans l’Église). Possédant un pouvoir démesuré sur la société, sur les esprits et sur l’environnement. Ils ont poussé à fond leur conception de la liberté : libertarisme politique, libertinage moral, libéralisme économique… Ils ont promis un monde épanoui grâce au "tout est permis"… comme au bal masqué de la Compagnie Créole ! Ils ont réussi à transformer la société en un vidé immense et permanent : au carnaval comme au chanté Nwel ; à la mi-Carême comme à Pâques ; au tour des yoles comme à la rentrée ; dans les médias comme aux enterrements et même à la messe, c’est un "soukwé sa" sans fin.

David Macaire

"Le pays se vide" 

Le patron de l’Église catholique en Martinique enfonce le clou, à "l’heure du bilan" qu’il dresse. Selon lui, "le bonheur et la joie de vivre ne sont pas au rendez-vous des petits enfants de la génération qui avait 20 ans en 68".

Cela est particulièrement vrai chez nous aux Antilles : depuis 50 ans, on a construit des villas, des routes, des équipements, des lieux de loisirs et de consommation pour tous. Malgré ça, le pays se vide (…). Notre société fondée sur l’humanisme, la science, la politique et l’économie s’est fourvoyée. Loin de libérer l’Homme, elle l’a aveuglé, asservi, puis envouté.

Mgr Macaire

David Macaire conclut ainsi son adresse : "je crois que les temps difficiles sont revenus… C’est quelque part une bonne nouvelle : nos petits-fils marcheront de nouveau, ils seront plus pauvres, mais ils seront plus dignes que leurs pères !"  

Le texte de l’Archevêque a d'abord été publié dans la revue bimensuelle diocésaine "Eglise en Martinique" en avril dernier. Il est à lire intégralement ⇒ICI.