"Nous avons ressenti les souffrances des soignants devant la gravité et l’importance de la 4e vague" [Comité Citoyen de Transparence sur le coronavirus en Martinique]

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Comité Citoyen de Transparence / CCT
Les 7 premiers membres du CCT (Comité Citoyen de Transparence) : Danielle Marcelline, Claude Lise, André Lucrèce, Céline Rose, Ludo, Hailey et Marcus Cheviot. ©RS
Les 7 membres du CCT livrent leurs dernières observations sur la gestion de la Covid-19 en Martinique par les autorités sanitaires. Dans sa 3e communication, le comité a encore interrogé des praticiens, la conseillère exécutive chargée de la santé, ainsi que la plate-forme d’assistance SOS KRIZ.

Dans sa 3e synthèse d’observations, le Comité Citoyen de Transparence a d’abord entendu le 2 septembre 2021, le Docteur Clément Anin, médecin interne en anesthésie réanimation au CHUM (Centre Hospitalier Universitaire de Martinique).

Ce dernier a effectué un état des lieux en Martinique et a présenté la vaccination, ainsi que les traitements du Covid évoqués par les réseaux sociaux.

CCT : Pouvez-vous nous apporter des précisions concernant l’Ivermectine ?

 

Dr Anin : Aucune étude n’a conclu, à ce jour, à l’efficacité de l’Ivermectine comme traitement du Covid, mais il y a 31 études en cours sur l’Ivermectine.

Elles sont recensées par un organisme, Cochrane, qui est un organisme indépendant (…).

 

CCT : Comment se portent les soignants dans votre service ?

 

Dr Anin : C’est très dur. Il y a des anesthésistes qui pleurent la nuit.

 

CCT : Comment voyez-vous l’avenir ?

 

Dr Anin : Si le taux de vaccination n’augmente pas il y aura une cinquième vague.

 

Un vaccin "en phase expérimental" ?

 

Le même jour, le comité a reçu le Professeur Rouvillain, chirurgien en orthopédie à la retraite, qui avait personnellement souhaité être entendu par le CCT.  L’ex-praticien a dérogé au format habituel (questions/réponses), en se livrant à travers un exposé, à "un réquisitoire contre toutes les autorités : État, Préfecture, ARS, Conseil de l’Ordre des médecins". Il s’est prononcé "pour l’utilisation de l’Ivermectine", estimant que le vaccin était "en phase expérimentale" et qu’il ne doit pas être administré "aux femmes enceintes".

Le vendredi 3 septembre, c’est Audrey Thaly-Bardol, conseillère exécutive de la Collectivité Trerritoriale de Martinique en charge de la santé, qui a échangé avec le CCT sur les violences intrafamiliales en période de confinement à la Martinique.

(…) CCT : La 4e vague de l’épidémie a-t-elle fait apparaître d’autres conséquences dommageables dans les familles ?

 

AThaly Bardol : En dehors des violences, le nombre très important des décès a proprement décimé les familles et déchirent les enfants. (…) La CTM s’attend à être très sollicitée pour les questions concernant l’environnement juridique des enfants.

 

CCT : Faut-il prévoir des cellules d’écoute dans les collèges et lycées pour ces élèves confrontés à la maladie, à la mort, à l’angoisse ?

 

ATB : Il y aura des temps d’écoute dans les collèges et lycées.

 

Le 3 septembre encore, une autre personnalité du monde médical a été entendu. Il s’agit du Docteur Nabil Mansour, directeur de la clinique Saint-Paul.

"Les aberrations qui sont diffusées"

 

(…) CCT : Tirez-vous une leçon particulière de cette pandémie ?

 

Dr Nabil Mansour : Je suis effaré par toutes les aberrations qui sont diffusées.

Je pense qu’il faut travailler, à l’école, le rapport avec l’hygiène, la santé.

Il faut apprendre l’histoire de la vaccination, raconter comment Pasteur a découvert le vaccin contre la rage...

 

"Il pourrait être ajouté à ces points, l’histoire de la fièvre jaune, du choléra et de la diphtérie à la Martinique et comment ces maladies ont été éradiquées. Cette éducation à la santé dans les écoles pourrait être initiée par la CTM qui en a la compétence", a conclu le CCT, au bout de 60 minutes d’entretien avec le patron de la clinique de Clairière.

Ces entretiens de la première quinzaine de septembre se sont également déroulés dans les locaux de SOS KRIZ à Bellefontaine, en présence de Fabienne Sainte-Rose, la directrice de la plate-forme d’écoute.

(…) CCT : Avez-vous davantage d’appels depuis le début de l’épidémie et particulièrement depuis le début de la quatrième vague ?

 

Fabienne Sainte Rose : Oui. Les appels ont augmenté. À tel point que nous avons dû recruter des salariés pour faire les nuits et procéder à la formation de nouveaux préventeurs.

Nous avions reçu 150 propositions, nous avons ouvert la formation à 98 et nous en avons retenu 80. (…)

Danielle Marceline / avocate / comité citoyen de transparence COVID-19
Danielle Marceline, ex avocate et membre du CCT (Comité Citoyen de Transparence) chargé d'observer l'action des autorités sanitaires dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus. ©Gérard Fidélin / CTM

Questions à Danielle Marceline, membre du Comité Citoyen de Transparence 

 

Mtque 1e : Quel est l’intérêt de cette instance éphémère ?

 

Danielle Marceline : L’initiative de la création du Comité est venue du Préfet.

Devant la gravité de la situation, une certaine forme de déni et la place que prennent les "fake news", il a pensé qu’il serait judicieux de solliciter des membres de la société civile qui, en toute indépendance, diraient ce qu’ils voyaient et entendaient.

Les 5 membres initiaux ont choisi 2 autres membres.

Le Comité travaille en absolue indépendance. Les retours montrent que cette initiative suscite beaucoup d’intérêt.

 

Mtque 1e : qu’est-ce-qui a motivé votre participation ?

 

DMA : La volonté de ne pas rester les bras croisés devant la crise et de faire de mon mieux.

 

Mtque 1e : Qu’est-ce qui ne paraissait pas "transparent" ou qui était confus ?

 

DMA : Il s’agissait, en ayant un libre accès aux services de santé et en interrogeant librement les acteurs et responsables, d’indiquer ce que nous voyions et d’indiquer les questions que nous posions et les réponses que nous recevions.

 

Mtque 1e : Votre regard sur la communauté médicale et scientifique a-t-il changé depuis que vous assistez à ces réunions hebdomadaires ?

 

DMA : Indiscutablement.

Nous avons constaté, au plus près, l’engagement impressionnant de tous les personnels de santé.

Nous avons ressenti leurs souffrances devant la gravité et l’importance de la 4e vague.

Au-delà d’un très grand professionnalisme, l’humanité est palpable.

 

Mtque 1e : Qu’avez-vous envie de dire aux anti-vaccins ?

 

DMA : Le Comité essaie autant que possible de donner le maximum d’informations, en indiquant leur source, ce qui est primordial.

Cela peut aider à la prise de décision de chacun.

 

Mtque 1e : Etes-vous vaccinée Maître Marceline ?

 

DMA : La question n’a été posée à aucun membre du Comité.

Mais j’ai eu l’occasion, avant d’en faire partie, de dire publiquement que j’étais vaccinée.

 

Mtque 1e : L’obligation vaccinale pour les personnels soignants est-elle sur la table du CCT ?

 

DMA : Cela ne fait pas partie de notre mission.

 

Mtque 1e : À quel horizon ce comité a-t-il vocation à exister ?

 

DMA : Il est éphémère mais nous n’avons pas encore déterminé à quel moment il cessera ses fonctions.

La crise révèle de nombreuses problématiques : il faudra, au moins, les poser.

Les membres du Comité Citoyen de Transparence :
  • Marius CHEVIOT
  • Hailey
  • Dr Claude LISE
  • André LUCRECE
  • Ludo
  • Céline ROSE 
  • Me Danielle MARCELINE