Outre-mer : la nomination du nouveau ministre pourrait surprendre

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Ministère Outre-Mer
Ministère de l'Outre-Mer, rue Oudinot à Paris ©Outre mer 1ère
Qui sera nommé rue Oudinot ? La question agite certains états-majors dans nos territoires, alors que le président réélu met la dernière main à la composition de son nouveau gouvernement.

Le profil du futur locataire de l’hôtel de Montmorin, qui abrite le ministère des Outre-mers, rue Oudinot, dans le 7e arrondissement de Paris, reste encore indéterminé. Beaucoup y réfléchissent, mais leur priorité est à la préparation des élections législatives en vue de corriger le vote de la présidentielle.

Certains stratèges souhaitent capitaliser les votes des citoyens ayant exprimé leur révolte face à la politique du gouvernement sortant. Ils misent sur une nouvelle cohabitation, considérée comme un moyen d’empêcher au président réélu de mener seul sa politique.

Pour le moment, celui-ci est à la manoeuvre sur deux terrains. Tout d’abord, il cherche à consolider sa base électorale pour disposer d’une majorité de députés plus diversifiée que la sortante. En même temps, il réunit les ingrédients d’un gouvernement de combat dans le but de remporter les législatives, dans un mois et demi.

Réussir cet exercice hautement périlleux implique que le président devra, comme ses prédécesseurs, composer avec les différentes sensibilités de sa majorité. Cette-ci reste à fortifier, car il n’a obtenu que 28% des voix au premier tour, ce qui limite son rayon d’action.

Composer un gouvernement, un vrai casse-tête

La deuxième difficulté est de trouver des personnalités ayant montré leur capacité à remporter des élections. Le futur ministre doit également disposer d’un fort ancrage local. Il est certain aussi que nous aurons droit à quelques technocrates hors-sol, comme il sied en Macronie.

Enfin, il convient de favoriser un équilibre géopolitique entre les territoires. Les ministres doivent provenir tant des grandes agglomérations, des zones rurales que de la périphérie des principales villes. Et puis, éventuellement, de l’Outre-mer. Ce qui n’est pas obligatoire, même si tous les gouvernements depuis Jacques Chirac comportent au moins une personnalité native de nos territoires.

Quel profil pour entrer rue Oudinot ?

Qui, parmi nos élus parlementaires ou locaux, peut se prévaloir de sa proximité politique ou personnelle avec le chef de l’Etat ? Qui a démontré la capacité à gagner des élections chez lui ou chez elle ? Bien sûr, nous pouvons citer des députés, des présidents de collectivités adhérents ou proches du parti présidentiel. Mais combien peuvent se targuer d’avoir fait gagner leur chef dans leur bastion ?

Les noms les plus fréquemment avancés pour la rue Oudinot sont ceux de Michel Magras, ancien sénateur Les Républicains de Saint-Barthélémy, et de Maïna Sage.

Michel Magras car Emmanuel Macron a réalisé un bon score au premier tour, même s’il a été devancé par Jean-Luc Mélenchon. L’ancien sénateur est l’auteur d’un rapport remarqué sur l’adaptation à l’outre-mer de la nouvelle loi approfondissant la décentralisation. Il est réputé solide et sérieux.

Quant à Maïna Sage, elle est de Polynésie, le seul territoire en Outre-mer avec la Nouvelle-Calédonie où le président sortant est passé devant le RN. Cette députée est réputée compétente. Son travail est suivi à l’Elysée. Autre avantage, elle est membre d’Agir, une formation de centre droit, et non de La République en marche. Ce qui peut se révéler utile demain pour consolider une majorité encore en construction.

Tout ceci, bien entendu, n’est que pure conjecture. Réponse dans les prochains jours.