Les pays de la caraïbe jugent insuffisantes les excuses britanniques sur l'esclavage et veulent des gestes forts

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immeuble Lloyd's of London
immeuble Lloyd's of London ©Henry Nicholls/Reuters
Les pays de la caraïbe ont jugé insuffisantes, vendredi 19 juin, les excuses formulées par des institutions financières britanniques pour leur rôle joué par le passé dans le commerce des esclaves. Les Caribéens veulent d'un plan Marshall afin de rendre aux populations la richesse pillée à l'époque.
Plusieurs institutions financières britanniques, à l'image de Lloyd's of London, se sont excusées, jeudi 18 et vendredi 19 juin 2020, pour leurs rôles joués par le passé dans le commerce des esclaves dans l'Atlantique au 18e siècle.
 
Une alliance régionale de pays de la caraïbe a déclaré que les institutions britanniques devraient aller beaucoup plus loin que de simplement s'excuser et rendre une partie de la richesse aux Caraïbes en finançant des projets de développement économique. L'idée d'un "plan Marshall" a été avancée afin de rendre à ces populations la richesse pillée à l'époque.

Nous présentons nos excuses pour le rôle joué par Lloyd's dans la traite transatlantique des esclaves. Il s'agit d'une période honteuse et épouvantable non seulement de l'histoire britannique, mais aussi de la nôtre", a déclaré Lloyd's dans un communiqué.

 
"Ce n'est pas suffisant de s'excuser", a déclaré à Reuters Sir Hilary Beckles, président de la commission sur les réparations de l'esclavage au sein de la Caricom, la communauté caribéenne, joint au téléphone en Jamaïque.
 Hilary Beckles
Hilary Beckles, président de la commission sur les réparations de l'esclavage au sein de la Caricom ©C ap/FB/

Nous ne sommes pas en train de mendier des chèques. La question de l'argent est secondaire mais le poids moral exige, dans une économie de marché, que vous contribuiez au développement" des pays situés à l'épicentre de la traite des esclaves. Sir Hilary Beckles, président de la commission sur les réparations de l'esclavage au sein de la Caricom.


La question de la traite transatlantique, qui s'est traduite par la déportation de l'Afrique vers les Amériques de plus de 10 millions d'Africains entre le 15e et le 19e siècles, a ressurgi ces dernières semaines après la mort de l'afro-américain George Floyd, lors d'un contrôle de police aux États-Unis. Ce décès a provoqué une réévaluation globale du racisme et du financement de la traite des esclaves. En Grande-Bretagne, l'assurance Lloyd's of London a présenté jeudi dernier (18 juin) ses excuses et a accepté de financer - sans fournir de chiffres - des oeuvres caritatives et des organisations de soutien aux minorités ethniques.

La Banque d'Angleterre s'est pour sa part excusée (vendredi 19 juin) pour les "connexions inexcusables" de certains de ses anciens directeurs et gouverneurs avec le commerce d'esclaves et assuré qu'elle allait retirer la totalité de leurs portraits de ses locaux.

Jean-Claude SAMYDE avec Reuters