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La pensée de Frantz Fanon, une vivifiante source d’inspiration

politique
Frantz Fanon
Frantz Fanon né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France, est mort, sous le nom d'Ibrahim Frantz Fanon, le 6 décembre 1961 à Bethesda dans un hôpital militaire de la banlieue de Washington aux États-Unis ©Martinique 1ère
Le 6 décembre 1961, Frantz Fanon s’éteignait dans la chambre d’un hôpital militaire de la banlieue de Washington, où il était soigné pour une leucémie. Il avait 36 ans. Psychiatre révolutionnaire, militant révolutionnaire, ce penseur martiniquais continue d’inspirer nos générations.
"Chaque génération doit, dans une relative opacité, affronter sa mission : la remplir ou la trahir ". C’est l’une des phrases les plus connues écrites par Frantz Fanon, dans son testament intellectuel posthume, "Les Damnés de la terre". Un livre dans lequel il prophétise, en 1961, les luttes de libération des pays sous domination. Il y explique aussi en quoi la violence du colonisé est légitime envers le colonisateur.

Des idées ayant une résonance certaine de nos jours, près de 60 ans après la disparition de cet intellectuel militant dont l’oeuvre a inspiré de nombreux révolutionnaires à travers le monde. Fanon, natif de Martinique aurait-il approuvé les blocages de centres commerciaux pour protester contre l’impunité dont jouissent les importateurs de chlordécone ? Se serait-il reconnu dans le regain du panafricanisme et de la réactualisation de notre questionnement identitaire ?

Nul ne le sait. Vu la portée de sa pensée, nous pouvons supposer qu’il aurait probablement adhéré aux luttes de notre 21e siècle. Comme la justice écologique, visant à indemniser les victimes des catastrophes industrielles ou naturelles. Ou l’engagement décolonial, pour expurger nos cultures de l’intériorisation de notre infériorisation.
 

Nos luttes rejoignent celles des générations précédentes


Des terrains de lutte succédant aux combats menés à leur époque par les générations précédentes. Nos parents se sont battus pour l'égalité des droits politiques et sociaux. Avant eux, leurs parents ont réclamé l’assimilation à la France, en payant l'impôt du sang.

Avant ceux-ci, leurs parents ont obtenu l'école laïque, en affrontant le clergé tout-puissant et les békés qui ne voulaient pas entendre parler de l'instruction publique et gratuite. Encore avant, leurs parents esclaves ont gagné leur liberté. À chaque époque, ses problématiques. A chaque génération ses préoccupations.

Et si le plus bel hommage à Fanon était de remplir notre mission? En somme, de ne pas rester étrangers à nous-mêmes, en nous appropriant une autre de ses sentences, en conclusion de son magistral Peau noire, masques blancs : "Ô mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge".
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