En quatorzaine depuis leur retour du Canada, des étudiants souffrent de détresse psychologique

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Les étudiants au départ de Montréal
©Région Guadeloupe
Les 92 étudiants martiniquais de retour du Canada, sont en quatorzaine depuis leur arrivée en Martinique samedi 6 juin 2020. Parmi eux, certains sont confrontés à leurs peurs. L'annonce de deux cas de Covid-19 mercredi 10 juin 2020, inquiète et bouleverse ces jeunes gens.
Après avoir mis le pied sur le tarmac de l'aéroport Aimé Césaire samedi soir (6 juin 2020), après la joie des retrouvailles contenues à cause des mesures barrières, les 92 étudiants martiniquais de retour du Canada et leurs parents ne pensaient pas qu'une autre épreuve les attendait.

Ce soir-là, 10 étudiants ont été placés volontairement en quatorzaine dans un hôtel de Fort-de-France. Les 82 autres sont repartis vivre leur quatorzaine au domicile de leurs parents.

Tous ont fait un test de contrôle dans le cadre de la prévention du Covid-19 (mardi 9 juin 2020). Si certains d'entre eux attendent encore les résultats avec une certaine inquiétude, deux des étudiants logés dans un hôtel de Fort-de-France sont touchés par le Covid-19.

Leurs parents n'osent imaginer ce qui se serait passé si le virus s'était déclaré au Canada. Même pris en charge, ils n'auraient pas senti leur entourage proche comme en Martinique. 
 

SOS KRIZ à leur écoute


Pour l'instant et malgré la distribution du numéro de téléphone de SOS KRIZ à leur arrivée à l'aéroport Aimé Césaire, aucun étudiant n'aurait appelé l'association à ce jour. 

L'annonce de ces deux cas de Covid-19 a fait l'effet d'un choc auprès de tous les étudiants et de leurs parents. Des larmes ont été versées, les angoisses exprimées auprès de leur entourage. 
 

Ma soeur pleure souvent ...elle va mal, elle stresse avant de connaître les résultats et se demande si elle était proche des deux étudiants qui ont le Covid-19. Nous essayons de la rassurer en lui disant que ce n'est pas la fin du monde mais rien n'y fait. 

- Témoignage de la soeur d'une étudiante souhaitant garder l'anonymat.

 

La cellule SOS KRIZ est active 24/24h mais reçoit une trentaine d'appels de détresse de tous ordres chaque jour.

Nous intervenons à la demande des intéressés. Il est certain que cette épreuve confronte les étudiants à un stress imprévu. c'est une épreuve qui marquera leur histoire de vie. À nous tous de savoir les écouter et les rassurer.

- Professeur Louis Jehel. Chef du service psychiatrie du CHUM et président de SOS KRIZ.


Tous les étudiants sont appelés par les CCAS et la préfecture 


Depuis mercredi matin (10 juin 2020), les parents reçoivent des appels de la préfecture ou des CCAS (Centre communaux d'action sociale rattachées aux mairies) pour savoir si les enfants ont bien effectué le test du Covid-19.

La cellule d'urgence médico-psychologique du CHUM est également activée depuis samedi dernier (6 juin 2020). Mais les étudiants en quatorzaine à l'hôtel ont en fait besoin de voir régulièrement et sur place un psychologue. L'épreuve est bouleversante pour eux. 

Après avoir réussi leurs examens, franchi les barrières pour étudier au Canada, après avoir trouvé un petit boulot pour agrémenter leur vie quotidienne, ils ont été confrontés à un véritable tsunami qu'est le Covid-19. Ils savent également qu'étudier à l'étranger représente un sacrifice pour leurs parents et sont face à leurs incertitudes sur leur avenir aujourd'hui. 

Certains diront toujours qu'ils auraient pu choisir d'étudier en France plutôt que de partir. Mais comment passer à côté d'une aussi belle opportunité que d'étudier dans un milieu bilingue et aussi ouvert vers l'avenir qu'est le Canada ? 
 
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