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Qui sont ces "Fanm' Doubout'" (femmes de pouvoir) en Outre-mer ?

politique
Femmes de pouvoir
CH. Taubira - L. Michaux-Chevry - A. Girardin -R. Ali - H. Bello - J. Manin ©Martinique 1ère
Les électeurs de la Martinique et de Mayotte ont marqué l’histoire de leur collectivité, en portant pour la première fois leurs suffrages sur des femmes pour les représenter à l’Assemblée Nationale. L’occasion de décrypter la place de la femme dans la vie publique Outre-mer. 
Les Martiniquais ont qualifié le 18 juin 2017 d’historique. Ce 18 juin, ils ont en effet entendu un appel. Celui de Josette Manin (Bâtir le Pays Martinique, gauche) qui devient la première femme élue députée de Martinique. La Lamentinoise âgée de 67 ans rentre dans l'histoire politique de l'île, après avoir été la dernière présidente du Conseil général de 2011 à 2015. Ce cadre de banque à la retraite, âgée de 67 ans, met un terme au monopole des hommes sur les plus hautes fonctions électives. 
Elles chatouillaient les hommes politiques comoriens jusqu’à ce qu’ils fuient...
La Mahoraise Ramlati Ali est aussi la première de son île à gravir les marches du palais Bourbon. De surcroit, Ramlati Ali, est une descendante directe des Chatouilleuses. Les chatouilleuses, ce sont plusieurs centaines de femmes, organisées en commando qui ont combattu, dans les années 60 et 70 les élus comoriens afin que Mayotte reste française. Leur arme, elles chatouillaient les hommes politiques comoriens jusqu’à ce qu’ils fuient.
 
Selon Séline Soula, journaliste à France Ô et auteure de Mayotte la Française, dans la vie publique, "les femmes mahoraises sont très discrètes mais elles travaillent en coulisse, elles se consultent, en cercle fermé. Comment travailler avec tel homme politique, qui choisir, ce sont elles qui donnent les consignes de vote. Elles mettent les hommes en place". Un fonctionnement qu’elle explique par le système matriarcal de la société mahoraise. "Elles s’occupent de tout, elles gèrent le quotidien, elles ont les maisons, elles font l’économie de Mayotte".
 

Autre société matriarcale, la Guadeloupe 


Parmi ses premiers héros, la Mulâtresse Solitude, qui a combattu enceinte contre le rétablissement de l’esclavage. Gerty Archimède, féministe de la première heure, passionnée de littérature et de philosophie. Première femme avocate, élue députée des Antilles et des colonies, en 1939. Gerty Archimède ouvre la voie à la Marie-Galantaise Albertine Baclet, députée en 1967. Vient ensuite Lucette Michaux Chevry. Les Guadeloupéens lui confient la gestion de la Guadeloupe pour la première fois en 1982 quand ils la portent à la tête du conseil général.

Lucette Michaux Chevry a exercé toutes les fonctions : maire, députée, présidente du conseil régional, ministre, sénatrice, et actuellement présidente de la communauté des communes du Sud Basse-Terre...malgré 3 condamnations. Face à Lucette, les hommes politiques se tenaient à carreau. Les chefs d’États et de gouvernements de la caraïbe l’ont surnommée la "boss woman" de la Caraïbe. Selon Franck Garain, docteur en sciences sociales, la femme est omniprésente dans les luttes politiques et sociales de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle en Guadeloupe. "Certaines d’entre elles vont en prison, d’autres sont tuées comme en 1925, donc quand elles passent de l’activisme politique au pouvoir politique (…) cela paraît tout-à-fait évident".
 
Les fanm doubout Outre-mer, il y en a une autre que l’on connaît bien : C’est Christiane Taubira "dont l’éloquence fait la fierté de ce gouvernement", déclarait Jean-Marc Ayrault, alors premier Ministre, lors de questions au gouvernement. D’ailleurs la Guyane a un temps été représentée par deux femmes à l’Assemblée nationale, l’ancienne garde des sceaux et Chantal Berthelot, de 2007 à 2017. 
 
Saint-Pierre et Miquelon a aussi porté deux femmes au Parlement : l’actuelle ministre des Outre-mer, Annick Girardin députée depuis 2007 et la sénatrice Karine Claireaux, maire de Saint-Pierre depuis 2001.
 
La Réunion a aussi ses femmes de poigne. La plus ancienne d’entre elles, c’est Huguette Bello, vissée par les Réunionnais au Palais Bourbon depuis 20 ans. 
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