Toujours des coupures d’eau en Martinique...les distributeurs parlent d’une "amélioration"

eau potable
Eau Martinique
©Pixabay-Deal
Face à la colère des usagers du réseau d’eau potable, le préfet de Martinique et certains élus se sont réunis pour la 3e fois (mardi 2 juin 2020) avec les acteurs de l’eau, pour faire le point sur la situation et les chantiers en cours. Pour l'instant, on parle d’"amélioration".
Des milliers de martiniquais subissent encore les coupures d’eau tournantes décidées par les 2 principaux opérateurs (la SME et Odyssi).  L’objectif est d’équilibrer la distribution rendue difficile, en raison de la sécheresse, parallèlement aux interventions techniques sur un réseau vétuste, lequel subit régulièrement des casses.

Les usagers les plus impactés restent ceux du sud et du centre de l'île, en particulier les foyers situés en hauteur, d’où la tenue d'une 3e réunion (mardi 2 juin 2020) consacrée au suivi du plan d’urgence opérationnel signé le 16 avril 2020, eu égard à la pénurie.

Les membres de ce comité de suivi parlent d’une "amélioration", au vu des travaux engagés sur les canalisations.
Des actions complémentaires doivent être menées, pour une meilleure communication sur les interventions quotidiennes.

Evelyne Hierso, la présidente de l’ADUEM, (l’Association Des Usagers de l’Eau en Martinique), observe "une mutualisation des mesures" et elle s'en réjouie, au téléphone de Claude Gratien.

Evelyne Hierso, présidente de l’ADUEM, (l’Association Des Usagers de l’Eau en Martinique)

Réunion préfecture de Martinique
3e réunion du comité de suivi du plan d'urgence opérationnel de lutte contre la pénurie d'eau potable (2 juin 2020) ©Cap Facebook C. Conconne

"Je ne lâche rien"


La sénatrice Catherine Conconne est partie prenante du plan d’urgence opérationnel et assiste régulièrement aux réunions.
 

10 000 m3 ont pu être injectés depuis plus d’un mois sur le réseau, faisant la preuve que ce n’était pas exclusivement la ressource qui pose problème (...).

Il faut aussi poursuivre la réalisation des infrastructures qui manquent, pour une meilleure distribution. C’est possible et vite possible. On m’a répondu que seule manquait la volonté, donc, je ne lâche rien. (Page Facebook de Catherine Conconne)


Ce qui coince encore


Les travaux engagés sur le site de Séguinau au Lorrain se poursuivent en effet, mais ils restent provisoires, puisque les tuyaux de 25 cm de diamètre qui viennent d’être installés, "ne permettent pas un débit à grande échelle de l’ordre 35 000 m3 afin de favoriser un meilleur débit" estime l’association écologique PUMA (Pour Une Martinique Autrement).

Pour ce faire, "les canalisations de 80 cm de diamètre en souffrance depuis plus de 10 ans sur une propriété privée, doivent impérativement être installées" réaffirme PUMA.
 

L’indemnisation, la clé du dossier ?

Eau potable /canalisations
Canalisations de 800 mn de diamètre, en attente d'être posées au Lorrain ©Martinique la1ère
Cette installation nécessite une tranchée de 83 mètres sur le terrain agricole d’un propriétaire (béké) Bernard Bally, avec qui des pourparlers auraient été à nouveau engagés par la Collectivité Territoriale de Martinique.

Mais le conseiller exécutif en charge des infrastructures pour la CTM, Daniel Marie-Sainte, a en tête une autre option, à savoir une pose à l’extérieure du terrain de l’agriculteur, estimant que le sol du site en question n’est pas stable.

Le coût de ce contournement de 2km avoisinerait les 5 millions d’euros, pour un chantier de 3 ans minimum, contre un peu plus de 200 milles euros d’indemnités réclamées par le riverain, pour le préjudice que subirait sa propriété. 

En ajoutant à cette indemnité légitime la facture des travaux, le montant total ne saurait dépasser le million d’euros.

( Florent Grabin, le président de l’association PUMA).


En attendant une issue dans ce lourd dossier, les abonnés expriment tous les jours par centaines, leur ras-le-bol et leur souffrance sur les réseaux sociaux. Parallèlement, plusieurs collectifs montent régulièrement au créneau pour déplorer le fait que "tout le monde se renvoie la balle".

Ces collectifs doivent être reçus dans les jours qui viennent par le préfet de la collectivité, Stanislas Cazelles.
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