Un boulanger martiniquais prend son envol pour le Japon ou comment l'amour donne des ailes

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Le boulanger marinois ouvre une boulangerie au Japon
Le marinois Arold Jandia-Saito dévore le pain comme il dévore la vie. ©DR

Changer de vie, qui n'en n'a pas rêvé ? A 51 ans, Arold l'a fait. D'animateur télé, il devient chef de cabine sur des vols longs courriers puis il suit une formation de boulanger à l'école Ferrandi. Il vient de partir à Tokyo pour ouvrir une boulangerie aux saveurs de Paris et de la Martinique. 

Quand on raccroche le téléphone après deux bonnes heures de conversation, il reste l'enthousiasme d'avoir partagé un moment de vie avec un entrepreneur martiniquais, riche de ses talents et fort de ses convictions : Arold Jandia-Saito. 

Né au Marin, Arold est un touche à tout talentueux. Un aventurier en quelque sorte, à l'heure où tout un chacun n'ose plus prendre de risques de peur de tout perdre, Arold Jandia-Saito a choisi de vivre sa passion.

Guidé par sa bonne étoile, les portes d'un avenir professionnel s'ouvre devant ce cinquantenaire et de Miki, son épouse japonaise rencontrée sur un vol long courrier.

Ils s'apprêtent à ouvrir leur boulangerie bien française à Tokyo. Avec dans leur banette, du pain croustillant et des viennoiseries, le fameux gâteau martiniquais "amour caché" et un accueil digne de celui que les clients des  boulangeries ont l'habitude de vivre en Martinique. Chaleureureux et professionnel.

L'amour donne des ailes et je surfe sur cette énergie là avec mon épouse Miki et notre fils Yamato. Nous prenons des risques mais il y a de la magie à faire du pain, à travailler le vivant. C'est merveilleux !

Arold Jandia-Saito.

 

Le boulanger marinois ouvre une boulangerie au Japon
Arold Jandia-Saito fait de la fabrication du pain un art visuel. ©DR

D'apprenti à maître boulanger 

 

Le rêve d'Arold est peu banal : devenir boulanger. Un métier réputé difficile, où l'on ne compte pas ses heures.

Pour se tester, il applique les conseils prodigués par des professionnels sur des vidéos, il mélange les différentes façons de fabrication du pain pour trouver sa propre recette. la définition même de la créativité. 

Apprenti de la prestigieuse école Ferrandi, il est sélectionné pour rejoindre une formation d'apprenti boulanger réservé à 10 stagiaires pendant 4 mois. Levé tôt, il apprend l'art de la fabrication, du pain, de la pâte, de la cuisson, de la viennoiserie ... et avance pas à pas vers son rêve. 

Inlassablement, il refait les exercices dans sa cuisine familiale, encouragée par son épouse Miki qui deviendra aussi sa meilleure cliente.

Un peu plus tard, les voisins de la maison où le couple habitait au Pré Saint-Gervais dégusteront aussi les chouquettes et autres "amour caché" de l'apprenti qui devient peu à peu maître dans son domaine. 

Ce métier demande une bonne résistance physique, une sensibilité culinaire, de la disponibilité et un sens aigu de l’hygiène. Mais à toutes ces conditions, il faut ajouter une très bonne technicité (connaissance des matières premières et des techniques de pétrissages et fermentation), un sens aigu du commerce et un très bon sens de l’organisation et de la gestion.

Ecole française de gastronomie et de management hôtelier.

 

Promouvoir le métier de boulanger

 

La promotion d'un métier réputé difficile, celui de boulanger, est plutôt rare. Métier contraignant, les recettes du tiroir-caisse dépendent de la qualité du pain mis en vente. 

Quand on commence à mettre la main dans la pâte, à faire du bon pain, il y a de la magie à exercer ce métier de boulanger. Le pain c'est aussi un monde merveilleux. Travailler le vivant c'est merveilleux !

Arold Jandia-Saito. 

 

Un challenge dans la capitale du Japon

 

Avec ses 34 millions d'habitants, Tokyo représente un immense marché pour les amateurs de pain français et antillaise pour la viennoiserie. La capitale compte déjà plusieurs boulangeries françaises de qualité. Mais qu'importe, il y a toujours de la place pour les meilleurs. 

Un challenge qui ne fait pas peur à Arold. Il apprend vite et son épouse Miki, japonaise a les codes nécessaires pour le guider. 

A eux deux, ils veulent faire découvrir le croustillant du pain aux palais japonais mais aussi la saveur des délicieux gâteaux martiniquais revus à la façon d'Arold. 

Pour le moment, le couple avec leur bébé cherche l'emplacement idéal pour ouvrir leur établissement. La Covid-19 a freiné le rythme de leur projet mais ils avancent pas à pas. 

Le boulanger marinois ouvre une boulangerie au Japon
Miki et Arold Jandia-Saito partagent leur passion de l'entrepeunariat. ©DR

 

Et malgré tous les effets de la crise de la COVID en France, au Japon... nous gardons notre cap et une motivation sans faille. Nous sommes partis le 5 décembre 2020 pour Tokyo et notre folle aventure avec juste une valise chacun. Un seul objectif : créer et ouvrir notre petite boulangerie à Tokyo dès le début de 2021 avec une prédominance de produits bio, du levain...du sourire et de la bonne humeur. 

Arold et Miki Jandia-Saito.

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