Violence au CHUM : des manifestants ont lancé "un produit très corrosif" sur les employés d’un sous-traitant de l’hôpital Pierre Zobda Quitman

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Extérieur PZQ CHU hôpital
Extérieur de l'hôpital Pierre Zobda Quitman, CHU de Martinique (image d'illustration). ©Martinique la 1ère
En marge d’une réunion dédiée à la relance "d’un dialogue social normalisé" entre le nouveau responsable du CHUM et les 5 organisations syndicales, des manifestants à l’extérieur de la salle, ont lancé "un produit très corrosif" sur des personnes présentes, qui ont été touchées aux yeux selon la direction de l'ARS et de l’hôpital. Des plaintes ont été déposées.

Dans un communiqué daté du vendredi 25 mars 2022, la direction de l’Agence Régionale de la Santé (ARS) et du Centre Hospitalier Universitaire de Fort-de-France (CHUM), condamnent "sans réserve et avec la plus grande fermeté, des actes de violence particulièrement graves" perpétrés sur le site de l’hôpital Pierre Zobda Quitman, jeudi 24 mars 2022, ayant occasionné "des blessures sérieuses".  

Les faits d’une rare violence se sont produits en marge de la première rencontre officielle du CHU, entre son Directeur Général et 5 organisations syndicales. Cette rencontre était dédiée à la relance d’un dialogue social normalisé. À l’extérieur de la salle, des manifestants ont lancé un produit très corrosif sur des personnes présentes, les atteignant notamment aux yeux. Ces personnes employées par un sous-traitant du CHU ont été gravement atteintes. Elles ont dû subir une intervention en urgence et ont un risque d’altération définitive de leur acuité visuelle.

L’ARS et le CHU de Martinique

Acte "prémédité " ?  

D’après les deux signataires du communiqué, cet acte aurait été "prémédité et préparé. Il fait suite à plusieurs autres débordements et agressions physiques, et signe une progression du recours aux intimidations, aux menaces et à la violence" ajoutent les deux directions.  

Il n’est plus tolérable qu’une infime minorité continue par ses actions permanentes, à faire peser un climat délétère sur les hôpitaux martiniquais, au prétexte de l’obligation vaccinale, sachant que la conformité à la loi, tout personnel concerné confondu, atteint 87% en Martinique et même 100% chez les médecins du CHUM.

ARS & CHU

"Respect des personnes et de l’intégrité professionnelle"   

Des plaintes ont été déposées par la direction du CHUM, les victimes et leur employeur. Le CHUM et l’ARS qui souhaitent "un fonctionnement serein, fondé sur le respect des personnes et de l’intégrité professionnelle".  

Le Directeur général de l’ARS et le Directeur Général du CHUM appellent enfin chacun des hospitaliers de l’établissement à y contribuer, "en référence à leur identité de personnel au service des patients et des usagers".  

Réactions politiques

Nous condamnons ces actes de violence alors que deux Martiniquais sont aujourd’hui dans une situation critique avec un risque de perte d’acuité visuelle. Quel que soit le conflit, c’est le dialogue et l’écoute que nous nous devons de privilégier. La violence n’a pas sa place au centre hospitalier de La Meynard.

Serge Letchimy - Président du Conseil Exécutif de Martinique

Ces actes délibérés de mutilation sont d'une gravité encore jamais atteinte et participent à l'installation d'un climat de terreur perpétré par une minorité de personnels de l'hôpital. Le droit de revendiquer ses opinions est fondamental, mais il ne peut s'exercer à travers des méthodes d'une telle violence (...). Je souhaite que les sanctions soient à la hauteur de la gravité des actes survenus, que je condamne sans réserve. J'en appelle également à l'apaisement au sein du CHUM.

Catherine Conconne - Sénatrice de Martinique