Yves-Marie Séraline lance des pistes pour un vrai débat sur le carnaval martiniquais

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Yves-Marie Séraline
Yves-Marie Séraline, acteur culturel et spécialiste du carnaval. ©Martinique 1ère

Les clameurs se sont tues, les esprits reposés et c'est l'heure du bilan à présent pour les acteur du carnaval 2021. Yves-Marie Séraline, ingénieur culturel et président de l’OMDAC, jette son regard critique sur une édition particulière à cause de la Covid 19 et propose des pistes à débattre.

Le carnaval martiniquais est à la croisée des chemins de l'avis de nombreux acteurs. 2021 aura été "une année en demie-teinte à cause de la pandémie de coronavirus, mais aussi un révélateur des tensions et des frustrations", pour le président de l’OMDAC (l'Organisation Martiniquaise pour le Développement des Arts et de la Culture), association culturelle à buts non lucratifs.

Yves-Marie Séraline est par ailleurs président de la commission culture et communication du CESECEM (Conseil Économique, Social, Environnemental, de la Culture et de l’Éducation de Martinique), l’organe de la Collectivité majeure qui représente la société civile dans l’élaboration des politiques publiques. Autant dire qu'il sait de quoi il parle.

"Se remettre en question"

 

Yves-Marie Séraline invite toutes celles et ceux qui gravitent autour de cet événement patrimonial qu'est le carnaval (acteurs, observateurs, décideurs), de "se remettre en question pour aborder l’avenir".

Qu’on le veuille ou non, cette composante du patrimoine, rythme chaque année la vie des martiniquais et des caribéens, et est viscéralement attachée à notre identité collective.

(YMS)

 

"Une réflexion apaisée"

 

Yves-Marie Séraline pense que "si l’histoire de notre carnaval est facile à reconstituer, encore faudrait-il une réflexion apaisée sur ces questions".

L’analyse objective fait pour l’instant toujours défaut en dépit des réalités observées, car la mémoire est fragile et obscurcie à travers le filtre des visées personnelles, d’une tendance de certains courants du monde du carnaval à imposer un fonctionnement particulier, parfois de manière antagoniste à d’autres actions.

(YMS)

 

Ce militant culturel parle également de "petit pouvoir" et "d’économie circulaire" pour comprendre les aspects financiers du carnaval martiniquais et s'interroge : "comment les autorités doivent payer des interventions de rue volontaires, effectuées dans un espace non marchand" ?

"Pas de pensée unique du carnaval" 

 

Yves-Marie Séraline souligne qu’"il n’y a pas de pensée unique du carnaval" et qu’il est possible de "réfléchir ensemble à son impact".

C’est quand même un lieu qui devrait rassembler les énergies autour d’un dénominateur commun qui permettrait la sauvegarde culturelle et la dimension artistique.

 

On pourrait parvenir à une valorisation permettant de considérer cette fête populaire comme un élément de l’attractivité touristique

(Yves-Marie)

 

L'attractivité du carnaval

 

En outre, Yves-Marie Séraline relance le débat sur l’aspect touristique et l’attractivité du carnaval, car "tout l’espace visible devient économiquement exploitable, avec répartition des résultats entre partenaires publiques/privés" explique-t-il.

Les villes comme Fort-de-France qui disposent d’un service et de salariés pour gérer une mission spécifique, montre bien que la capacité à mettre en œuvre les opérations du carnaval va rythmer dorénavant les actions à l’initiative des acteurs comme des autorités.

"Une polarisation hyper centrée"

La persistance d’ une polarisation hyper centrée sur Fort-de-France et le Lamentin, dans une logique de massification rendue possible grâce aux infrastructures, ne peut pas néanmoins écarter l’appropriation par tous, de cet élément du patrimoine et de la quête du bien-être qui en découle.

(Yves-Marie Séraline)

 

Yves-Marie Séraline qui a fêté ses 73 ans en décembre 2020, a bien l'intention d'apporter sa contribution et son expertise à cette réflexion, pour "une nouvelle approche" du carnaval martiniquais. "Le débat est ouvert" !