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" 41 ème congrès du SNIIL à Mayotte : la France ne soigne pas ses infirmières et infirmiers."

 41 ème congrès du SNIIL vendredi et samedi à Sakouli au sud de Mayotte.
 Au centre des discussions : la question de l' infirmière à domicile, l' évolution des compétences, les aspects juridiques et comptables relatifs au métier d' infirmier libéral.
REPORTAGE : CHAMSUDINE ALI ET EMMANUEL TUSEVO

ANNICK TOUBA , PRESIDENTE DU SYNDICAT NATIONAL DES INFIRMIERES ET INFIRMIERES LIBERAUX - SNIIL
ANNICK TOUBA , PRESIDENTE DU SYNDICAT NATIONAL DES INFIRMIERES ET INFIRMIERES LIBERAUX - SNIIL
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le

 Le 41 ème congrès du Syndicat National des infirmières et infirmiers Libéraux (SNIIL) s' est tenu vendredi et samedi à Sakouli au sud de Mayotte.
 Au centre des discussions : la question de l' infirmière à domicile, l' évolution des compétences ainsi que
 les aspects juridiques et comptables relatifs au métier d'infirmier libéral.

 " A VOUS ENTENDRE , MADAME , LA FRANCE NE SOIGNE PAS SES INFIRMIERES ET INFIRMIERS LIBRERAUX? "


A cette question de Chamsudine Ali, madame Annick TOUBA (PHOTO CI - DESSUS) , infirmière libérale
et présidente du Syndicat National des infirmières et infirmiers Libéraux ( SNIIL ) répond par une métaphore :

" NOUS, INFIRMIERES ET INFIRMIERS LIBERAUX , NOUS SOUFFRONS D' UNE MALADIE CHRONIQUE ,
  C'EST LE MANQUE DE RECONNAISSANCE DE LA PART DES POUVOIRS PUBLICS "


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             Infirmière libérale : un métier indispensable , mais mal reconnu ...

Ce thème " Infirmière libérale : un métier indispensable, mais mal reconnu..." a fait largement l' objet de communication et des discussions entre les participants venus de métropole et des autres départements d'outremer .

Les uns et les autres ont souligné que cette profession impose des fortes contraintes notamment celle de détenir
un diplôme d' Etat d'infirmière et d'être inscrit à l' Ordre des infirmiers.
Il faut également avoir exercé antérieurement à l' installation pendant 24 mois au minimum en structure hospitalière ou institution .
Les infirmières et infirmiers libéraux sont aussi soumis à une Convention Nationale organisant les rapports entre
l' Assurance Maladie et la profession ( modalités d' exercice, tarifs des honoraires.


 Parmi les autres obligations mises en exergue dans un document communiqué au cours du colloque,  on note que les infirmières et infirmiers libéraux sont les seuls professionnels de santé à être contraints par la Loi à assurer une continuité de soins 24h / 24h et 365 par an sans aucune reconnaissance financière. 
Pendant ce temps, la permanence des soins des médecins mais aussi l' astreinte de garde des pharmaciens et des ambulanciers sont, elles, rémunérées.

Ces professionnels qui exercent dans des conditions difficiles ne peuvent partir en retraite sans décote qu'à 67 ans.
Beaucoup d' entre eux finissent par souffrir d'ennuis de santé : pathologies ostéo- articulaires ou musculaires, blessures,troubles psychologiques ( dépression, anxiété, insomnie)
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                           Des infirmières libérales mal reconnues... voire spoliées

    Selon la communication faite sur ce sujet, la profession infirmière perçue comme difficile, à haut niveau de compétence et de responsabilité, mais aussi à l' écoute des besoins des malades, ... cette profession bénéficie toujours d' une très bonne opinion parmi les Français ( 97% en ayant une bonne ou très bonne image.)

Pourtant, et malgré son implication dans l' organisation des soins en France, la profession infirmière souffre toujours d'un manque de reconnaissance de ses compétences et de son travail de la part des institutions et autoritaires sanitaires nationales.

Quelques exemples pour illustrer l'iniquité de traitement en défaveur des infirmières libérales :

- l'infirmière libérale n'est toujours pas inscrite, à l'inverse des médecins et des pharmaciens, comme professionnelle
 du premier recours

- la prise en charge de patients psy par les infirmières libérales n'est toujours pas, ou très peu, reconnue et valorisée

- les institutions sanitaires françaises ne consultent absolument pas les infirmières libérales... sur des sujets qui , pourtant font partie de leur quotidien.
 Le SNIIL donne pour preuve la Staratégie Nationale de Santé dévoilée par la ministre de la Santé Marisol TOURAINE en septembre 2013 et qui fait la part belle aux soins de ville, mais aussi le plan douleur 2013 - 2017 ont été élaborées sans aucune concertation avec les organisations représentants les infirmières libérales.

  La profession infirmière libérale est actuellement spoliée d'une partie de ses compétences notamment avec :

- l' assignation au sein de la Stratégie Nationale de Santé des missions de prévention et d' éducation à la santé aux seuls médecins traitants ..

- la confiscation annoncée d'une autre partie du travail infirmier libéral au profit des seuls pharmaciens : la préparation des piluliers... et, 
 très prochainement si le projet de loi Santé de Marisol Touraine est adopté en l' état, la vaccination.

  Enfin, le Syndicat National des infirmières et infirmiers libéraux  indique que la Cour des Comptes  s' etonne ,  dans un rapport, du manque de connaissance de la réalité du métier d'infirmière libérale par leurs autorités de tutelle.

  CHAMSUDINE   ALI   ET   EMMANUEL  TUSEVO

 







 

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