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Les conditions de travail des médecins urgentistes et libéraux à Mayotte.

Les médecins urgentistes et libéraux de Mayotte, solidaires de leurs collègues de métropole en grève, ont continué d' assurer les soins.

HALDA HALIDI ET SIMBA ATTOUMANI ont recueilli leurs témoignages pour Mayotte 1 ère Télévision.

© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le

 Les médecins urgentistes et libéraux de Mayotte , solidaires de leurs collègues de métropole en grève, ont continué à assurer les soins.

HALDA HALIDI ET SIMBA ATTOUMANI ont recueilli leurs témoignages pour Mayotte 1 ère Télévision.


AURELIE ARRIBAT, Médecin urgentiste © PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU :
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU : AURELIE ARRIBAT, Médecin urgentiste
AURELIE ARRIBAT , Médecin Urgentiste   

   «  Nous sommes absolument solidaires de nos collègues en métropole car il n'y a pas eu d'avancée sociale pour les urgentistes depuis 14 ans. Nos revendications ne sont pas tout à fait les mêmes. Tous les médecins urgentistes travaillant ce jour sont grévistes. Nos revendications portent plus sur nos conditions de travail et sur l'attractivité de notre service que sur des revendications salariales. 
- Tout d’ abord, nous sommes en sous effectif médical. Il y a trente deux postes budgétés aux urgences dont seulement dix sont pourvus par des praticiens hospitaliers titulaires. Nous fonctionnons essentiellement avec des remplaçants qui sont mieux rémunérés que certains titulaires. Ce mois de décembre, 18 remplaçants assurent des contrats courts de quelques semaines voire quelques mois et par conséquent, ils s'investissent peu dans la vie et le fonctionnement du service  et dans l’amélioration de nos conditions de travail.

Les conséquences sont que nos conditions de travail ne sont pas optimales et la prise en charge des patients non plus. Nous faisons tout pour améliorer l’attractivité de notre service et faire en sorte que Mayotte le devienne afin que nous ayons des médecins à temps plein qui soient là de manière continue et dans la durée.
- Au niveau du temps cumulé de travail hebdomadaire, c’est variable en fonction du nombre des praticiens que nous avons. Nous avons passé une période difficile de mai à août 2014 à plus de soixante heures par semaine. Actuellement, on est revenu dans des normes autour de 48 à 50 heures par semaine et on reste à des horaires équivalents à ceux de nos collègues métropolitains.
Le fait de travailler de nombreuses heures en très peu de temps et d'enchaîner les gardes de nuit, entraîne  une fatigue qui est cumulée au fil des semaines et qui fait que nous travaillons moins efficacement. Notre qualité de travail est moins bonne et ça se ressent sur la prise en charge des patients au quotidien.  
- Nous sommes face à une recrudescence du nombre d’entrées aux urgences depuis un mois avec une épidémie de bronchiolite, de gastro entérite et donc beaucoup de pédiatrie. Habituellement, nous faisons 120 entrées par jour mais actuellement, nous sommes à environ 180. Ca explose au niveau des entrées aux urgences dont nous ne pouvons plus faire face avec en plus des épidémies  qui touchent des enfants et plus particulièrement des bébés âgés de moins de 1 mois. De surcroît,  L'épidémie de  bronchiolites cette année est très virulente.
- Nous demandons vraiment qu’il y ait une amélioration de l'attractivité du CHM pour palier au déficit de médecins  pour une amélioration de nos conditions de travail et de prise en charge des patients. 
- Il faut améliorer notre attractivité via des communications en métropole de notre hiérarchie. Nous avons un congrès annuel des urgentistes tous les mois de juin. Cette année nous y avons tenu un stand qui a permis de faire connaître le service à plusieurs milliers des médecins urgentistes. Une expérience à renouveler ..." 

ALI MLAMALY , MEDECIN LIBERAL © PHOTO : SIMBA ATTOUMANI :
© PHOTO : SIMBA ATTOUMANI : ALI MLAMALY , MEDECIN LIBERAL
ALI MLAMALY, Médecin libéral

  " Quand un patient vient nous voir, il ne paye que le tiers c'est-à-dire 8 euros et nous nous débrouillons pour aller chercher l’argent auprès de la sécurité sociale.
C’est ce que refusent nos collègues de la métropole parce qu’ils estiment que c’est un travail supplémentaire de rassembler les papiers pour aller chercher l’argent.
- Il y a plusieurs conséquences mais j’en vois essentiellement deux. D’ abord la charge de travail supplémentaire parce qu’à la fin de la journée et parfois les weekends, on passe le temps à faire les listings des personnes qu’on vues, à établir des bordereaux à envoyer à la sécurité sociale.
Il y a un deuxième problème. Il arrive des pertes des papiers qu’on n’arrive pas à récupérer et il y a des sommes qui passent à côté.
- On est dix sept médecins à Mayotte pour une population estimée à 250 milles. Sachez qu’en métropole la moyenne nationale est de 120 médecins pour 100 000 habitants. Ici à Mayotte. 
La conséquence est que les médecins libéraux travaillent beaucoup. On a des journées très surchargées.
Je commence à 7 heures moins le quart. J’ai à peu près une heure à une heure et demie de pause en moyenne et à 19 heures ou 20 heures, je suis encore au cabinet médical. C’est très difficile même le soir de partir. On refuse beaucoup de patients. Le matin quand j’arrive, il y a une liste de 30 personnes déjà inscrites.
Dès 7 heures du matin, il y a des patients qui arrivent et qu’on refuse.

- Pour les vacances, c’est encore plus difficile.On arrive à se faire remplacer mais des fois, on n’arrive pas à se faire remplacer. Cette année, j’ai décidé de fermer les après – midi sans me faire remplacer. C’est très difficile et j’espère que les patients me comprennent."

 EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU, Grand reporter France Télévisions Mayotte 1ère, Correspondant AFP.

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