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Les journées des langues maternelles : de quelles langues parlez vous?

C’est cette fin de semaine que seront organisées les journées des langues maternelles. L’histoire des peuplements de Mayotte a fait que ce département est multilinguistique. Des langues maternelles vivaces et vivantes  face à des apports extérieurs de plus en plus nombreux

Vue sur Chiconi, village Kibushi © Kalathoumi Abdil Hadi
© Kalathoumi Abdil Hadi Vue sur Chiconi, village Kibushi
  • Ali Chamsudine / Andry Rakotondravola
  • Publié le , mis à jour le
Et c'est l’occasion de faire le point sur les langues maternelles de Mayotte. La première qui arrive c’est bien évidement le shimaoré, dialecte à base de shiswahili, d’arabe et agrémentée de quelques apports d’idiomes européens. Des restes de passages plus ou moins brefs d’explorateurs ou de colons que l’histoire a oublié.
Ensuite vient le shibouchi. Le malgache pays, parlé dans une grande partie des villages de cette île. Un cordon ombilical à la fois génétique et culturel qui rattache Mayotte à Madagascar pays d’origine de son dernier monarque, Andrianantsouli.
Deux langues maternelles qui cohabitent et qui sont parlées sans transition dans certaines localités d’ailleurs. Mtsamboro étant l’un des réussites de ce bilinguisme à la mahoraise.
Chants traditionnelles des femmes de Dembeni © Fabrice Juste
© Fabrice Juste Chants traditionnelles des femmes de Dembeni
Mais durant ces dernières années, il s’est développé un phénomène identitaire, notamment de la part des « shiboushiphones » remetant en cause une forme d’hégémonie de « mahorophones ».
Un mouvement ostentatoirement relayé  et exacerbé par des hommes politiques pour des raisons que l’on devine aisément. Le redécoupage des cantons a réuni parfois des localités à forte identité shibouchi à des villages profondément « mahorais » et la dernière campagne électorale, a été l’occasion de gymnastique linguistique de grande qualité. Le plus remarquable s’est déroulé dans le nouveau canton de Tsingoni, avec le grand comorien, le shimaorais et le shiboushi avec l’arrivée de Mtsangamouji. 
Spélo Rastami, Président de l'association SHIME
© Spélo Rastami, Président de l'association SHIME
L'association SHIME (Shimahoré Méthodique) n'a pas tranché. Son but est de promouvoir ces deux langues dans le Département. Elle oeuvre beaucoup pour sa diffusion et son apprentissage. Récemment elle a énormement contribué à la publication du premier dictionnaire Kibushi ( ou shiboushi) et De vendredi à dimanche, elle sera sur le terrain pour les festivités des journées de langues maternelles.
 
Mais un phénomène est entrain de se développer dans le Département : le français est entrain de pénétrer les cercles familiaux. Des couples choisissent de parler et faire parler le français à leurs enfants dès la naissance. C’est ainsi que la langue des mairies s’impose peu à peu à la maternelle des foyers mahorais. 
Un enrichissement ou une perte d’identité ?
En tous les cas, les apports extérieurs sont de plus en plus nombreux et divers avec la forte immigration. Les langues maternelles sont donc emmenées à se multiplier, à moins qu’elles ne se réunissent pour créer une autre, un créole mahorais.       
 

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