Délinquance : il ne faut pas déplacer le problème de l’insécurité d’un village à un autre

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LABATTOIR
©Halda Halidi

Des membres du collectif des Citoyens et d'associations de la Petite-terre dénoncent le déplacement des situations problématiques entre la grande-terre et les deux communes de la petite-terre par le déménagement des familles sans l’intervention des autorités.

Ils s’opposent au déménagement des personnes décasées ou des familles avec des enfants connus comme étant des fauteurs de troubles, qui ont été délogées de la Grande-terre et viennent grossir les quartiers sensibles et précaires de la Petite-terre. Hier (dimanche 28 février), les membres ont surveillé les rotations des barges, bloquant à la descente les camions suspectés de faire du déménagement des familles venant de Koungou.

Un camion couvert de bâche bleue, suspectée de faire un déménagement d'une famille venant de Koungou
Un camion couvert de bâche bleue, suspectée de faire un déménagement d'une famille venant de Koungou ©Ibrahim Yahaya

Lors d’une réunion d’urgence organisée à la mairie de Pamandzi dimanche après-midi, le collectif a demandé entre autres au maire d’interdire ces nouvelles installations sur le territoire communal, de poursuivre en justice les marchands de sommeil ou encore de démanteler les squats connus de tous qui pullulent dans la commune.

Pamandzi

En réponse, des propositions ont été faites notamment celles de dénoncer systématiquement les marchands de sommeil, et de communiquer sur la politique de lutte contre les installations illégales dans la municipalité. Pour le collectif, il doit y avoir en amont

"un travail de sensibilisation et de prévention sur ce sujet et cela passe par plus d’actions de communication".

 

Pour rappel, certaines familles installées à Koungou ont entrepris de déménager dans l’une ou l’autre des deux communes de la Petite-terre à la suite des évènements de la fin de semaine dernière où des jeunes ont pris pour cibles, outre les forces de l’ordre, des familles installées dans un quartier résidentiel de la Société Immobilière de Mayotte (SIM) sur les hauteurs du village de Koungou. Certaines d’entre elles ont tout perdu et sont parties dans la précipitation et ne pensent pas revenir.

Violences à Koungou Jamaïque suite à interpellation présumés délinquants
Les voyous n'ont pas hésité à casser les murs des maisons des lotissements SIM pour tout piller à l'intérieur. ©DR

A l’origine de ces évènements, l’opération de destruction des cases illégales prévue par la préfecture à partir du 8 mars 2021, soit dans quelques jours dans le quartier dit de la Jamaïque à Koungou. Des opérations, comme il y en a eu à Dzoumogné ou encore à Kahani. La commune de Koungou de son côté dit mettre les moyens pour tenter de reloger certaines familles. La mairie qui demande par ailleurs plus de moyens pour lutter contre la délinquance.