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Les femmes en première ligne dans la grève contre les violences à Mayotte

La bataille pour ramener la paix et la tranquillité sur le 101ème département français est menée aussi par des femmes.  Elles sont sur les barrages et en tête des marches organisées dans Mamoudzou.

© Chamsudine ALI
© Chamsudine ALI
  • Par Chamsudine Ali
  • Publié le
Depuis le début des manifestations contre l’insécurité à Mayotte, les femmes sont devant. Devant lors des marches qui sont organisées depuis bientôt trois semaines ; devant quand il faut aller établir le contact avec les forces de l’ordre ; devant quand il a fallu mobiliser les élus mahorais. D’ailleurs, la participation des maires et des conseillers départementaux, a été initiée par une maire, Anchia Bamana, et Raïssa Andhum, élue du canton de Koungou.
Dans le collectif des citoyens de Mayotte, elles sont nombreuses à porter le mouvement à bras-le-corps. De toutes les façons, si la ferveur est aussi grande dans les manifestations, c’est grâce aux femmes. Ce sont elles qui donnent le tempo.
Les femmes sont souvent les premières sur les barrages. Elles n’ont pas peur de remettre à leurs places les quelques non-manifestants, hommes ou femmes, qui tentent de les franchir sans autorisation.
Et ces dames ne sont pas forcément politisées. Beaucoup d’entre elles sont là parce qu’elles estiment,tout simplement,que l’équilibre sociale de Mayotte est en jeu.
Le "mbiwi", est une danse traditionnelle féminine très populaire de Mayotte. Le refrain d'une des chansons les plus connues remonte aux années de lutte pour le maintien dans la France dit ceci :
"Na vojana kara lala hasibabou ya maoré" ; "...car (hier) on n'a pas pu dormir (trouver le sommeil) à cause de Mayotte"... 
Et c'est l'impression que l'on a quand on les rencontre dès le matin à Mamoudzouou et sur les barrages : infatigables et toujours prêtes à agir.
Celles qui font de la politiques sont à même de mettre de côté les querelles partisanes au nom de la cause commune. Une démarche qui semble plus difficile chez leurs collègues masculins. C’est le cas par exemple au sein de l'association " Les  femmes leaders » où se côtoient des militantes de différentes tendances et des « sans étiquettes". 

Sur le barrage de Bandrélé, M'ma Hamida est la doyenne. Elle est alerte pour intervenir en cas de nécessité. Quand je lui annonce que ce 8 mars est la journée internationale de la femme, elle me demande : "C'est quand alors, la journée des hommes ?"

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