L'actualité régionale du 27 octobre

océan indien
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Maria Galanta ©Mayotte la 1ere
Les liaisons maritimes de passagers entre les Comores et Mayotte, le regain de l’épidémie de Covid à Maurice, la vaccination à Madagascar et au Mozambique sont au sommaire de l’actualité régionale ce mercredi

COMORES

Michel Labourdère, le patron de la compagnie maritime SGTM qui transporte des passagers entre Mayotte et les Comores est à la une du journal Al-Watwan à Moroni, pour parler de son activité et de ses projets.

Le patron du Maria- Galanta explique que la SGTM assure Mayotte – Anjouan 7 fois par semaine, Mayotte – Moroni 1 fois par semaine, et Anjouan- Moroni une seule fois également chaque semaine. On lui demande pourquoi si peu entre Anjouan et Grande-Comore, il répond que c’est parce qu’il n’y a pas suffisamment de passagers. Michel Labourdère parle d’une concurrence effrénée des Kwassas, plus rapides, moins chers et qui vous déposent sans manœuvre d’accostage compliquées. Même si elles sont en principe interdites, les traversées inter-îles en kwassa sont très courantes, surtout pour aller vers Moheli. « Nos bateaux ne peuvent pas desservir Mohéli » regrette le patron de SGTM, parce qu’il n’y a pas de port. La petite jetée n‘est pas sûre pour accoster. Question pertinente d’Al Watwan : on lui demande pourquoi le tarif est très cher entre Mayotte et Anjouan, comparé à Anjouan- Ngazidja, alors que la distance est quasiment la même. La réponse est on ne peut plus claire : c’est parce qu’il y a plus de pouvoir d’achat à Mayotte, et cela permet d’offrir des tarifs moins chers entre Anjouan et Moroni. Enfin, comme l’interview est réalisée aux Comores, à aucun moment il n’est expliqué pourquoi on remplit un bateau par jour entre Mayotte et Anjouan. C’est parce que le principal client est la préfecture pour les reconduites à la frontière… ce sujet fâcheux est soigneusement évité.

MAURICE

Le ministre mauricien de la santé est sur la sellette. Au parlement, il a dû faire face à un feu nourri de l’opposition sur la gestion de l’épidémie de Covid

Les chiffres officiels sont-ils fiables ? Le nombre de décès à l’hôpital et à domicile est-il tenu à jour ? Le ministre Kailesh Jagutpal a été bombardé de questions par le leader de l’opposition. Il n’a su que répondre quand on lui a

présenté le cas d’un patient rodriguais mort du Covid dont le corps est resté dans un couloir de l’hôpital quatre jours, enfermé dans un sac plastique. Il apparaît que l’épidémie, loin de se calmer est en train de repartir de plus belle avec le variant Delta depuis que les frontières ont rouvert au début du mois. Le leader de l’opposition, Xavier Luc Duval critique surtout la politique de vaccination : « on utilise Sinopharm, c’est un mauvais vaccin. Il ne protège pas bien, et seulement pendant trois mois ». Le parlementaire en veut pour preuve le nombre de patients vaccinés qui se retrouvent à l’hôpital, en réanimation, voire décédés : on compte 16 morts vaccinés entre le 1er et le 24 octobre. Il déplore que Maurice ne fasse « pas de prévisions, ni de commandes de vaccins de qualité, et se contente de prendre ce qu’on lui donne ».

MADAGASCAR

C’est ce même variant Delta que l’on craint à Madagascar avec la réouverture des frontières. Là aussi on essaie de vacciner avec le peu de doses disponibles

Le taux de couverture vaccinale de Madagascar est insignifiant : 2% seulement. Le pays est très loin de son objectif de vacciner un million de personnes d’ici à la fin de l’année. Pour l’instant, les frontières ne sont ouvertes qu’avec la Réunion et Maurice, mais à partir du 6 novembre c’est toute l’Europe qui pourra débarquer. Un chargement de 336 000 doses de Janssen offertes par les Etats-Unis vient d’être débarqué en grande pompe sous les applaudissements des diplomates malgaches et américains. Ce n’est qu’une infime partie des besoins par rapport à plus de 27 millions d’habitants. De son côté le ministre malgache de la santé propose toujours la consommation de la potion locale Covid Organics, qui, selon lui retarde l’épidémie, il n’en démord pas.

MOZAMBIQUE

Le pouvoir politique fait appel aux leaders religieux de toutes confessions pour inciter à la vaccination

Une « plateforme religieuse pour la santé » vient de se constituer, elle rassemble les représentants de toutes les confessions : « des chrétiens, des

musulmans, des indouistes, et autres bahai’. Chacun doit mobiliser ses fidèles, les convaincre d’aller se faire vacciner. Dans une déclaration commune les religieux disent qu’il faut « promouvoir la vie et avoir confiance dans les scientifiques qui ont découvert le vaccin contre le Covid-19 ». Certains lieux de culte comme des mosquées, des églises et des temples protestants pourront accueillir des centres de vaccination. Le Mozambique veut aussi relancer le tourisme et l’entrée de très nombreux vacanciers sud-africains pour les fêtes de fin d’année risque d’accélérer la circulation du virus.