Le « chèque alimentaire » : Combien ? Et pour qui ?

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Panier et chariot de course
Course alimentaire ©Franceinfo
Il s’agit d’aider les Français les plus modestes à faire face à l’inflation. La hausse des prix a dépassé 5% le mois dernier. Une telle inflation n’a pas été constatée depuis 40 ans. Dans l’alimentation certaines hausses dépassent 20%. La campagne vois s’affronter deux méthodes : Soit on aide les ménages modestes à acheter, soit on bloque les prix.

Qui bénéficiera du chèque, et de combien sera-t-il ? En cas de victoire du camp présidentiel il est prévu qu’un conseil des ministres en décidera le 29 juin, soit 10 jours après le second tour, dans le cadre du débat sur le pouvoir d’achat. Emmanuel Macron a parlé des « classes modestes », le revenu fiscal de référence pourrait être un critère.

Les chèques pourraient être distribués soit par la Caisse d’Allocations Familiales soit par les CCAS, les Centre Communaux d’Action Sociale. Quant au montant, les estimations vont de 30 euros par mois, fourchette basse, à 60 euros maximum.  L’idée d’Emmanuel Macron est de verser plutôt un chèque alimentaire en une seule fois. Entre 5 et 8 millions de Français sont susceptibles de le toucher. Ce dispositif pourrait coûter 2 milliards d’euros au budget de l’Etat.

Pour Jean-Luc Mélenchon, pas question de chèque alimentaire, mais plutôt un blocage des prix

Jean-Luc Mélenchon conteste le procédé du chèque alimentaire. Pour lui il va servir à enrichir les riches, autrement dit les entreprises de la grande distribution alimentaire. Le leader de la gauche préfère imposer aux commerçants un blocage et le contrôle des prix. Les distributeurs seraient contraints par la loi de réduire leur marge bénéficiaire.

Mélenchon prend souvent pour exemple le panier qualité-prix tel qu’il est pratiqué à la Réunion et à Mayotte, où des produits de consommation courante voient leur prix fixés par une négociation entre l’Etat, les associations de consommateurs, les syndicats et la grande distribution.  Les adversaires de Jean-Luc Mélenchon lui rétorquent que cette méthode serait injuste car elle favoriserait les consommateurs riches qui profiteraient des mêmes baisses de prix que les pauvres. En résumé soit on aide les plus pauvres à acheter les produits trop cher, soit on force les distributeurs à les vendre moins cher. C’est là le cœur du débat en ce moment sur ce thème du pouvoir d’achat  

Le prix des carburants est l’élément essentiel

C’est « la racine de la hausse des prix » dit Emmanuel Macron. Les produits doivent toujours être transportés. Quand l’essence augmente, tout augmente. Et là encore il y a débat. L’Etat apporte déjà une aide pour tout le monde de 18 centimes par litre. Elle sera prolongée au moins jusqu’en août, pour ensuite être remplacée par un dispositif plus ciblé d’aide aux personnes qui ont le plus besoin de rouler.

Du côté du camp Mélenchon on préfère appliquer à toute la France ce qui se pratique déjà à la Réunion et à Mayotte : des prix de l’essence fixés par l’Etat. Du côté du Rassemblement National on prône plutôt une baisse des taxes. Les taxes représentent environ 60% du prix de l’essence. C’est une source de revenu importante pour l’Etat.  L’Etat a besoin de ces taxes pour aider les plus pauvres à faire face à l’inflation.