Le préfet de Mayotte : « on y va à fond ! »

coronavirus
Jean François Colombet Préfet Mayotte
©Mayotte la 1ere
Le préfet de Mayotte Jean-François Colombet est sur tous les fronts : le respect du confinement, l’aide humanitaire, le ramadan, la rentrée scolaire, les masques, l’acheminement du fret… Il tenait une conférence de presse téléphonique ce mercredi
 
« Si nous relâchons nos efforts, nous perdrons et le malheur tombera sur Mayotte ». Pour le préfet de Mayotte Jean-François Colombet « l’allègement du confinement le 11 mai, ça se gagne. Rien n’est gagné d’avance ». Il compte traquer tous ceux qui « se relâchent ». 5 300 procès-verbaux à 135 € ont été distribués pour non respect des règles sur la voie publique (même si l’on sait que la plupart ne seront jamais payés, les justiciables ayant souvent déclaré des identités fantaisistes, ndlr). « Mais je préfère convaincre que contraindre » affirme le Préfet.
 

Mayotte : seul département français sans trafic de passagers

Harold fret humanitaire Vanuatu
©Loreleï Aubry
Le représentant de l’Etat a fait le point sur l’effort en matière de transport de fret à l’heure où le transport aérien est paralysé et la desserte maritime grandement perturbée « comme partout dans le monde ». Du fret aérien est assuré par deux vols hebdomadaires d’Air Austral en provenance de Paris via la Réunion ; auxquels s’ajoutent parfois des vols du Casa de l’armée de l’air. « Mayotte est le seul département français où on a obtenu l’interruption totale du trafic aérien commercial de passagers, ce afin de préserver les mahorais » souligne Jean-François Colombet. Pour le transport maritime, le porte-hélicoptère Mistral a une capacité d’emport très importante. 
 

Aide alimentaire et accès à l’eau pour tous

Distribution alimentaire
©Mayotte la 1ere
L’aide alimentaire aux plus démunis est un casse-tête pour l’administration. « Distribuer dans les quartiers tout en faisant en sorte que le virus ne circule pas, concrêtement ce n’est pas simple » dit Jean-François Colombet, « on tâtonne ». « J’ai  dû interrompre les distributions ; nous optons pour la distribution de bons alimentaires ». « Nous détenons 2 millions d’euros de bons alimentaires à répartir entre les Centre Communaux d’Action Sociale, les Associations et quelques groupes d’enseignants qui ont gardé un contact très fort avec leurs élèves les plus démunis. Nous leur faisons confiance ». 
Le préfet précise aussi que cette aide alimentaire est adressée à tous sans distinction, y compris aux étrangers en situation irrégulière. « C’est une question humanitaire, sanitaire et éthique ».
L’accès à l’eau potable est aussi une priorité. 14 rampes sont en cours d’installation dans les quartiers les plus défavorisés. Il est aussi demandé aux mairies de faciliter l’accès à l’eau dans les cours d’écoles par exemple. 
L’Etat veut aussi mettre fin aux bousculades pour l’achat de pétrole lampant, combustible de cuisine largement utilisé dans les foyers modestes. « Tout le monde pourra payer en espèces, et il n’y aura plus de rationnement ». Il y aura désormais 3 points de vente en grande-terre et un en petite terre. 
 

Aide aux entreprises et production massive de masques

Argent liquide
Manipulation de billet ©Guy Etienne
792 entreprises mahoraises ont déclaré du chômage technique pour plus de 7 200 salariés. 173 petites entreprises vont bénéficier du fonds de solidarité De l’Etat, complété par le Conseil Départemental. 25 entreprises sont en cessation de paiement. « Nous allons les aider autant nous pouvons, mais nous ne sommes pas un SAMU économique ». 

Les marchés alimentaires locaux seront appelés à rouvrir pendant la période du ramadan.
Le dossier épineux de la reprise scolaire sera géré par le recteur. « Nous nous engageons à protéger les enseignants ».
Concernant les masques de protection, la préfecture a lancé une commande de 25 000 masques de fabrication locale en tissu. « Mais on pourra en commander plus, on mettra le paquet, 50 000 voire plus encore, on y va à fond ! » lance le préfet. 
Le représentant de l’Etat a aussi évoqué la lutte contre l’immigration clandestine, rendue selon encore plus nécessaire par l’arrivée d’un premier cas de coronavirus en provenance des Comores.