Les beach-party sauvages sur les îlots de Mayotte déclenchent un tollé

environnement
Mtsanyunyi (Tahiti Plage)
La plage de Mtsanyunyi attire habituellement beaucoup de baigneurs. Mais en cette période de confinement, ceux-ci sont restés à la maison. ©Faïd Souhaïli
Des « Beach party » clandestines sont régulièrement organisées  sur des îlots de Mayotte. L’ilôt de sable blanc, Mtsamboro et Bandrélé sont les plus prisés. 
 
C’est un plaisancier révolté qui a dénoncé la pratique, choqué et inquiet de voir l’ilôt de Bandrélé se faire dégrader par les fêtards, « Il y a une discothèque sur l'îlot Bandrélé tous les weekends » dit-il. « C'est dramatique l'îlôt est en train de se faire éclater … Sono, alcool, lumières, mégots, arbres coupés, c'est de pire en pire. Ça fait des mois que ça dure ». Il accuse les pêcheurs de Nyamabado d’être complices...

Ils amèneraient les fêtards, le matériel et ce seraient eux qui construiraient les structures. Les dégâts sont importants. L'îlot est entrain de devenir un vrai dépotoir.
Sur la page Facebook de l’organisateur, photos et vidéos affichent ces Beach-party, qui sont loin de respecter les règles sanitaires en cette période de pandémie. Les associations environnementales sont en colères et envisagent de porter plainte.
Déchets en bordure de plage
©Francetv
 

Mayotte n’est pas un territoire de non-droit. Ils n’ont aucune autorisation, l’ilot Bandrélé appartient au Conservatoire du littoral. 

Ali Madi, président de la fédération des associations environnementales de Mayotte

Il a saisi l’Office française de la biodiversité qu’il joue pleinement son rôle de police de l’environnement et le conservatoire du littoral pour qu’il fasse respecter le droit.

« Les personnes à l’initiative de cet événement doivent être poursuivies pour qu’elles réparent leurs fautes.»

Organisées «en dehors de tout cadre légal », ces fêtes payantes ne font l’objet d’aucune demande d’autorisation ou de déclaration préalable, auprès du maire de la commune ou du Conservatoire du Littoral.
 
Moussa Ben Ali Moussa, maire sortant MDM de Bandrélé
De son côté, Ali Moussa Ben, maire de Bandrélé, dit n’avoir jamais donné d’autorisation pour les manifestations sur les îlots. Par ailleurs, il dit ne pas cautionner « ce genre d'événements organisés par des personnes irresponsables alors qu’aucun dispositif de sécurité n’est prévu en cas d’incident; ces personnes mettenten danger la vie d'autrui ».
Cris Kordjee, la directrice du conservatoire du littoral,  appelle au civisme des gens, faute de moyens de surveillance  à tous les niveaux.

Le transport des participants jusqu’à l’îlot, aurait été réalisé «en dehors de tout respect des règles de transport de passagers» par des pêcheurs.
Alertée, la police municipale de Bandrélé dit avoir effectivement constaté une fréquentation abusive de l’espace ces derniers temps avec des graves conséquences environnementales.
C'est pour cette raison qu'une étude a été lancée sous la maîtrise d'ouvrage du conservatoire du littoral en partenariat avec le département et la commune sur la gestion de l'îlot de Bandrélé pour une meilleure protection. Des opérations de contrôles avec une finalité pédagogique dissuasive, à l’encontre des participants, sont de temps en temps organisées par les autorités…la dernière remonte à décembre 2016.
 
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