Un service réanimation saturé au CHM

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Saturation du service réanimation par les malades Covid-19
Contrairement au mois de février, le service réanimation du CHM n'accueille aucun malade de la Covid-19 en ce moment ©Halda Halidi

C'est un véritable afflux de malades de la Covid-19 auquel fait face le CHM et notamment le service réanimation. Des services saturés et qui ne tiennent que grâce au dévouement des soignants et les évasans vers La Réunion.

C’est un service de réanimation en quasi saturation que nous avons suivi aujourd’hui. Sur les 32 lits, 29 sont occupés, essentiellement par des malades du covid. Chaque jour, 8 patients sont admis en réanimation. Des patients lourds qui souffrent également de maladies chroniques telles que l'obésité, l'hypertension ou le diabète et qui nécessitent un suivi constant.  En réanimation les soins mobilisent en permanence, 3 médecins, 14 infirmières et 6 aides soignants.

Saturation service réanimation centre hospitalier de Mayotte désinfection Covid-19
A chaque fois qu'un patient quitte un lit, toute la chambre est désinfectée, avant qu'un autre soit admis. ©Halda Halidi

Pour faire face à cet afflux de malades, la salle de réveil, réservée aux personnes subissant une opération chirurgicale, a été transformée pour accueillir 5 patients Covid-19 depuis vendredi. Sept personnes sont constamment présentes pour s'occuper d'eux. Ils vont y rester au moins 3 semaines s'ils ne sont pas évacués à La Réunion.

Service réanimation saturé centre hospitalier de Mayotte Dr Blondé
Dr Renaud Blondé, chef du service réanimation au CHM ©Halda Halidi

Les cas les plus graves en ont pour deux mois d'hospitalisation. Pour soulager le service réanimation du CHM, des évasans sont réalisés vers La Réunion tous les jours. Cette dernière semaine, 29 patients ont été transférés. Mais ce n'est qu'au prix de ces transferts que les soignants mahorais tiennent la candence.
Mais ce voyage vers l'île Bourbon comporte des risques.

Un transfert d'un patient vers Saint-Denis ou Saint-Pierre, c'est 8 h porte à porte. Il faut qu'il prenne l'ambulance, la barge, il faut qu'il soit manipulé pour être transporté dans l'avion. A chaque étape de la manipulation, il y a un risque pour le patient, que son état se dégrade, qu'il décède pendant le transfert.

Dr Renaud Blondé, chef du service réanimation du Centre hospitalier de Mayotte

 

A la différence du premier confinement, il y a beaucoup plus de patients jeunes hospitalisés que lors de la première vague. Et si la situation progresse au même rythme, le CHM sera complètement saturé dans une semaine.

Il y aura des dizaines de morts par jour. Il y a des patients qui seront aux urgences qui ne pourront plus monter en réanimation

Dr Renaud Blondé, chef du service réanimation du CHM

 

Et si le CHM et le CHU de La Réunion sont saturés, des évacuations sanitaires vers l'Hexagone sont envisagées. Il faudra dans ce cas près de 15 h pour y être transféré.