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La marque "Pardon !" attaque la femme mahoraise

Une marque de vêtements de l'île de La Réunion a imprimé des t-shirts carricaturant la femme mahoraise sur une plage. Il s'agit de récidivistes spécialisés dans cette forme de commerce 

  • Par Chamsudine Ali
  • Publié le
Encore une fois, l’image de la femme mahoraise est foulée aux pieds. Souvenez-vous d’une Miss Mayotte moquée à cause de son apparence loin des canons d'une  certaine classe de la société française.
Cette fois-ci, c’est une marque de vêtements réunionnaise qui caricature la femme mahoraise. Cette marque n’est pas à sa première attaque contre des minorités ethniques et des communautés. Elle s’était déjà distinguée dans cette même démarche avec ses t-shirts sur lesquels on pouvait lire :
"Kaf + Malbar = Kafar" (Noir + Indien = Cafard, ndlr), ou encore "Zoreil + Mauricien = Zomau" (Blanc + Mauricien = Homo, ndlr). 
Il paraît qu’il n’y pas de racisme dans cette démarche, c’est juste de la provocation. Allons plus loin, nous sommes en France, la liberté d’expression est un droit.
Sauf que la liberté d’expression qui consiste à s’attaquer aux minorités démunies porte un nom que la loi française ne condamne pas.
Alors, tout mahorais qui s’élèverait contre cette attaque, serait un fasciste musulman qui n’accepte pas les caricatures, cet art, symbole de notre vieille démocratie.
Mayotte est donc attaquée sur ce qu’elle a de plus chère, la femme. D’abord à cause de son rôle de fer de lance dans l’histoire contemporaine du département, ensuite, parce que la religion musulmane est majoritaire dans l’île des chatouilleuses.
Enfin, tout le monde sait, ou croit savoir, la place particulière de la femme dans cette communauté religieuse. Un statut source de fantasmes pour les non-musulmans.
Aussi, que des femmes mahoraises aient des rondeurs et aillent à la plage, cela ne dérange personne. La diversité ne se résume pas à un mélange des couleurs de peau. Les plages et les îlots de Mayotte accueillent chaque fin de semaine et durant les vacances des femmes de toutes les origines sans que celles-ci ne soient considérées comme des bêtes de foires à exhiber et immortaliser sur des t-shirt de souvenir pour les touristes.
Dans l’histoire des hommes, un pays, avec à sa tête un artiste raté, s’était mis dans la tête d’abord de dénoncer, puis d’exterminer tout ce qui ne leur ressemblait pas.
Des millions de personnes ont été enfermées, tuées et exterminées dans des camps de concentration.
Après avoir mis fin à cette folie, l’humanité, tous les pays du monde se sont rassemblés pour se dire, « plus jamais ça ».
En 2017, se cacher sous l’étiquette de l’art et de la liberté d’expression, et du commerce pour stigmatiser tout un pan de la société est une performance sur laquelle les hommes doivent réfléchir.
La femme mahoraise a toujours su se défendre toute seule, en chatouillant ses ennemis ou en scandant : " Non Kari Véndzé !", et devant la lâcheté, elle tchipe ! 
On image que, c'est ce qu'elles ont fait devant cette outrage.
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