Présente sur environ 700 hectares, la mangrove fait partie du paysage à Mayotte.

écologie
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Déchets dans la mangrove ©Ilona Youssouffa
Grande barrière contre les hautes vagues, les courants ou encore les typhons, elle abrite une biodiversité animale très riche. Cependant, elle est aujourd’hui fragilisée et menacée par la pollution. Les spécialistes se mobilisent pour la protection de cet écosystème.

Il faut pénétrer au sein de la mangrove de Bandrélé, pour constater les dégâts. Des pneus, des sacs, des bouteilles en plastiques, cette mangrove étouffe sous les déchets. Un phénomène que l’on retrouve d’ailleurs dans un bon nombre de mangroves sur l’île . Le constat des spécialistes lui est unanime, à Mayotte la mangrove est en danger. 

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Mangroves ©Ilona Youssouffa

Beaucoup de menaces pèsent sur elles, notamment les déchets, les problèmes d’assainissement. On a envie de préserver cet écosystème qui est vraiment utile pour les populations locales, la préservation du trait de cote, via aussi son rôle d’épuration, ses capacités aussi d’accueil de la biodiversité. La mangrove c’est des arbres , des palétuviers. Et autour de ces arbres on a des crabes, des oiseaux, on a aussi toute une dynamique qui s’installe autour de ces mangroves.

Grégoire Savourey est chargé de mission biodiversité sur l’Océan Indien au sein du comite français de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature

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Mangroves ©Ilona Youssouffa

Au fil des années et face à la menace, des actions se mettent peu à peu en place. La prise de conscience collective s’installe explique Grégoire Savourey : « Via les associations locales qui ramassent les déchets. C’est extrêmement important, c’est ramasser les déchets et en même temps l’objectif c’est d’essayer de limiter l’apport de déchets en mangrove. {…} On peut aussi avoir des actions de gestion durable qui vont être axées sur la limitation des accès en mangrove, travailler avec les pêcheurs ou certaines fois replanter, restaurer la mangrove si on est vraiment dans un constat d’échec, sachant que c’est le plus compliqué. »

A mi-chemin entre terre et mer, la mangrove s’étale sur environ 600 à 700 hectares à Mayotte, l’équivalent de 1200 terrains de foot. Sur l’île, cohabitent 7 espèces de palétuviers différentes.   

« Il est vrai qu’on a des situations tout à fait différentes d’une mangrove à l’autre. On constate une disparition totale du front de mer chez certaines, c’est très préoccupant, en quelques dizaines d’années tout a disparu. (…) Si les mangroves disparaissent il faudrait investir 30 à 40 000 euros par hectare et par an pour essayer de récupérer tous les bénéfices qu’elles nous apporte. » rappelle Fabrice Auscher, en charge des milieux marins au sein de l’Office Français de la Biodiversité à la direction des outre-mer.

Présent dans l’océan indien, à la Réunion notamment et à Mayotte l’OFB est actuellement en mission sur le territoire. Dans le cadre du séminaire de l’OFB un appel à projet a été lancé pour la préservation et la mise en valeur de la biodiversité à l’échelle de l’île et de l’Océan Indien.

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Jean-Michel Zammite est le Directeur des outre-mer à l’OFB. ©Ilona Youssouffa

nous avons fait le choix de financer des appels à projet qui peuvent être portés par des communes, des associations. Nous avons souhaité venir à la rencontre des Mahorais afin de définir au mieux l’appel à projet auquel ils vont pourvoir répondre.(…) Nous avons reçu 22 candidatures que nous sommes en train d’examiner dont une candidature sur Mayotte.

Jean-Michel Zammite est le Directeur des outre-mer à l’OFB

Il suffit donc de s’immerger quelques secondes dans une mangrove pour y découvrir tout un écosystème. Faute de protection, ce havre de verdure indispensable à l’équilibre et au développement de la faune marine risque de disparaître.