Trois habitants de Mayotte sur quatre sont pauvres

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Bidonville de Mayotte
©Mayotte la 1ère
Le niveau de vie des habitants de Mayotte était déjà bas, il a encore baissé depuis 2011 selon la dernière enquête de l’INSEE : six fois plus faible que celui de la métropole. 
les inégalités se sont creusées : les riches sont un peu plus riches, et les pauvres beaucoup plus pauvres. L’immigration irrégulière pèse lourd dans ce calcul.

L’enquête fortement détaillée de l’INSEE indique que la moitié de la population de Mayotte vit avec moins de 260 euros par mois, c’est le revenu médian.
Jusqu’à présent on évoquait le chiffre de 84% de la population en dessous du seuil de pauvreté, la proportion de pauvres est aujourd’hui de 77%.

Ce « progrès » relatif s’explique par l’indexation nouvelle des salaires de la fonction publique territoriale et par l’augmentation du SMIC horaire. Cela a fait passer une petite partie des ménages vers une catégorie « moins pauvre ». La normalisation issue de la départementalisation n’a profité financièrement qu’à très peu de gens.

Si l’écart se creuse autant entre « riches » et « pauvres », ce n’est pas tant une augmentation des revenus des plus aisés qu’une nette baisse de revenu des catégories les plus pauvres. C’est là que l’on constate l’effet de l’immigration irrégulière. Ce revenu médian est en baisse du fait de l’accroissement des personnes sans ressources. Les immigrés sans documents administratifs n’ont droit à aucune prestation sociale, et comme ils sont de plus en plus nombreux, cela fait mécaniquement baisser le revenu moyen.
 

Les pauvres arrivent, les plus aisés s’en vont


Par ailleurs on constate que l’arrivée massive de personnes sans ressources (+32 500 entre 2012 et 2017) se conjugue avec les départs des natifs de Mayotte au niveau de vie plus élevé vers la Réunion ou la Métropole (- 25 900 entre 2012 et 2017).

L’accroissement du nombre de pauvres et les départs des personnes aisées ont pour conséquence un niveau de consommation qui stagne, et reste très éloigné des standards métropolitains. Les prix restant élevés, les plus aisés consomment de plus en plus dans les transports (achat de voitures, billets d’avion) tandis que la priorité des plus pauvres est l’alimentation mais aussi l’éducation des enfants.

Une part croissante du budget des ménages les plus démunis va dans les fournitures scolaires. Donner un avenir meilleur aux enfants est- à la lecture de cette étude de l’INSEE – la raison principale pour laquelle ces parents ont quitté les Comores.
 
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