Une policière de la paf et sa famille victimes de violences et d'harcèlement

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Une policière de la paf et sa famille victimes de violences et d'harcèlement
Une policière de la paf et sa famille victimes de violences et d'harcèlement ©Houmadi Abdallah
À Tsimkoura, une jeune policière de la paf ayant participé à une opération de décasage subit des agressions physiques et morales depuis quelques mois. Sa famille aussi a été ciblée. Pour eux ce sont des représailles liées à son statut de policière du GAO (groupe d'appui opérationnel).

La victime, recense sa 1ère agression il y’a quelques mois après une opération de décasage. En sortant de soirée avec ses cousines, elle se fait suivre par plusieurs personnes. Ces derniers lui reprochent d’avoir participé à l’interpellation de leurs parents (en situation irrégulière). Même si elle réussit à s’échapper ce soir-là, la situation prend par la suite une tournure dramatique.

En effet, sa famille se retrouve impliquée malgré elle.

Le grand frère de la jeune policière, victime récurrente, nous raconte ses agressions : « jeudi dernier j’étais sorti avec ma belle-mère et je me suis fait agresser à coups de machette par des voyous qui en voulaient à ma sœur. J’ai mis en sécurité ma belle-mère et j’ai tenté de fuir avec ma voiture. C'est à ce moment que j’ai pris des coups. Lorsque j’ai réussi à démarrer, la voiture a pris des coups aussi. J’ai fini à l’hôpital et j’ai porté plainte, même si la justice ne nous rassure pas. Une autre fois j’ai aussi été agressé au tournevis, on m’a planté dans le dos. Une fois j’ai été blessé au ventre… À chaque fois par une dizaine d’individus ».

La tante des concernés, pleine d’émotion explique avoir fait partir son fils vers la métropole pour sa sécurité : « nos enfants subissent de multiples agressions et les plaintes ne mènent nulle part car ces jeunes sont relâchés juste après et reviennent nous narguer. Nous souhaitons plus de soutien de la part des forces de l’ordre car même les plus petits de la maison subissent du harcèlement à l’école. Ce n’est pas normal. 

La voiture du frère de la policiere du GAO a été attaquée par une bande armée de machette
la voiture du frère de la policière du GAO a été attaquée par une bande armée de machettes ©Houmadi Abdallah

« Ce n’est pas normal ce qui se passe. Ma fille m’a appelé pour s’excuser car elle se sent fautive des agressions qu’on subit »

Emue aux larmes, la mère de la policière nous raconte ses échanges avec sa fille.

« Ce n’est pas normal ce qui se passe. Ma fille m’a appelé pour s’excuser car elle se sent fautive des agressions qu’on subit. Comment en est-on arrivé là ? S’excuser car elle a fait son travail, elle qui effectue le métier de ses rêves. Cette situation est insoutenable car en plus de mon fils qui s’est fait agresser plusieurs fois, mes enfants et nous-même ne sommes pas en sécurité et rien ne montre que la situation changera car la justice ne sévit pas assez... »

Cette affaire illustre un phénomène inquiétant, les attaques et le harcèlement des policiers et de leurs familles sur le territoire.