Jeunesse et violence en Nouvelle-Calédonie : un nouveau défi

De récents faits de violences entre jeunes ont conduit à des établissements scolaires de Païta à fermer pendant deux jours. Comment répondre à ces faits ? La violence chez les jeunes, médiatisée aussi via Internet, est-elle un nouveau fléau pour la Nouvelle-Calédonie ? 
Après deux jours de fermeture jeudi et vendredi derniers, les établissements scolaires de la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique (DDEC) de Païta ont réouvert leurs portes lundi. La fermeture avait été décidée par la DDEC suite à de nombreuses agressions entre jeunes, perpétrées aux abords des collèges. 
 
La fermeture visait à initier une réflexion sur la problématique de la violence à l’école. Cette réflexion a été poursuivie lundi, avec les élèves et leurs parents.
 
En parallèle, la réponse des différents responsables de l'enseignement et de l'éducation est à la mesure du phénomène qui semble prendre tout le monde de cours.

« On sait que la violence est un échec de l’éducation », commente Patrick Dion, vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie. « Il faut absolument que nous mettions en place un mode de vie global (…) Dès lors qu’un jeune se sent davantage responsable, il est plus respectueux des autres ».  
 
Ecoutez la réaction de Patrick Dion au micro de Bernard Lassauce et Cédric Michaut : 

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Des réponses sécuritaires, préventives et éducatives, qui demanderont une véritable action en profondeur.
 
Les parents d'élèves de Païta invitent aussi la population calédonienne à participer à une "marche blanche », qui se déroulera mercredi. Le départ est prévu à 13h à l'Arène du Sud. Elle continuera en direction du lycée Anova, du collège Sainte Marie, du lycée Champagnat, du lycée Jean 23, pour finir par une traversée du village jusqu’à la mairie de Païta.  
 
« Il faudrait que tout le monde se mobilise », s’indigne Valérie Chaves, mère d’une lycéenne de Païta. « Parce que si on laisse s’installer cette violence-là, elle va grimper, elle va aller crescendo ». 
 
D’autres parents mettent en avant leurs responsabilités, comme Gina Goromido, dont la fille fréquente elle aussi un lycée de Païta : « Nous sommes là pour les aider à avancer. Il faut que tous les jours, nous leur fassions la morale ». 
 
Retrouvez le reportage en images de Natacha Cognard et Maurice Segu pour NC1ère : 

 

Nombreux sont celles et ceux qui pointent aussi du doigt Internet et les réseaux sociaux. A travers le phénomène de "cyberviolence", ces derniers contribueraient à une certaine banalisation des faits de violence chez les jeunes. 
 
« Il y a toujours eu de la violence, dans les établissements scolaires, à l’école, dans la famille, dans la rue, etc. », commente Grégoire Thibouville, psychologue. « Sauf qu’aujourd’hui, on a la possibilité de médiatiser ». 
 
Quête narcissique et identitaire, recherche de l’estime de soi, expression de l’humiliation de l’autre… Autant de failles, en particulier chez les adolescents, qui trouvent à travers la mise en scène de la violence un nouveau mode d'expression.