Une formation pour mieux gérer le patrimoine mondial sur le Caillou

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Patrimoine mondiale de l'Unesco en Nouvelle-Calédonie
©whc.unesco.org
Gérer les biens inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco demande notamment des compétences en gestion. C'est dans cette optique que le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Calédonie propose cette semaine une formation à l'attention des comités de gestion du Caillou. 
Depuis une dizaine d’année, les comités de gestion se voient confiés beaucoup de missions pour gérer les biens inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco, de pair avec les collectivités. 
 
« Il y a un besoin d’acquérir des compétences en matière de gestion et d’animation d’une association », explique Myriam Marcon, la coordinatrice du pôle Patrimoine Mondial au Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Calédonie (CEN), qui est implanté à Koné. 
 
Pour pallier à ces besoins, le CEN propose cette semaine trois jours de formation à la gestion d’associations au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) de Pouembout. Le public concerné par cette formation est composé par l’ensemble des Comités de gestion du Patrimoine Mondial. 
 
« L’idée de cette formation est née d’un constat : les comités de gestion se voient confier de plus en plus de missions », poursuit Myriam Marcon. Les besoins de formations avaient été exprimés par l’ensemble des membres des comités, ainsi que par les collectivités publiques (Provinces et Gouvernement), à l’occasion du Forum des Comités de gestions en 2013. 
 
« L’objectif est de leurs donner des outils et les aider à  mener à bien leurs missions avec compétence et efficacité », ajoute la coordinatrice du CEN.
 
Ecoutez les propos de Myriam Marcon au micro de NC1ère :

Patrimoine mondial ITW 1

 

Depuis lundi, les douze comités de gestion de Nouvelle-Calédonie se retrouvent donc en formation au CFPPA du Nord de Pouembout. 
 
« Ils viennent de tout le territoire, l’île des Pins, l’île Ouen, les îles Belep, Ouvéa et les Comités de gestions de Poum, Hienghène, Touho et Poindimié » indique Myriam Marcon. 
 
Parmi les participants, beaucoup sont en lien direct avec les acteurs locaux. C’est le cas par exemple de Paoulo Adjiougniope, du Comité de Gestion de l’île d’Ouvéa. Le jeune homme est en lien direct avec les coutumiers, la Province des îles et les associations de l’archipel. 
 
La majorité des membres des comités de gestions sont des bénévoles. « On les appelle les sentinelles car ils ont la capacité de nous faire remonter les différents problèmes qu’ils observent aux quotidiens sur le terrain », admet Myriam Marcon. 

D’une manière générale, tous expriment leur vif intérêt et la nécessité de cette formation. 
 
« Cela va me permettre à mieux communiquer notre plan de gestion auprès de la population », explique le coordinateur du Groupement de droit particulier local (GDPL) Boméné Tapu. « Pour moi, l’intérêt, c’est que les gens reçoivent les bons messages de vigilance et de prise de conscience ».
 
Ecoutez les réactions des participants au micro de NC1ère : 

Patrimoine mondial ITW 2

 

Ces bénévoles se sont souvent longuement impliqués dans toutes les phases du processus de gestion. « Au côté des services provinciaux et du gouvernement, ils ont participé au diagnostic de l’état des milieux », poursuit-elle. « Ils ont d’ailleurs des connaissances empiriques. Cela nous a permis d’élaborer des plans de gestions ». 
 
Au vu des enjeux, il s’agit de déterminer avec précision les grands objectifs et les actions à mettre en œuvre pour la préservation des milieux. Sur les îles Bélep, les jeunes se sont par exemple pleinement investis dans la démarche de préservation de leur environnement. Située à 470 kilomètres de la capitale Nouméa, l’archipel de Dau Ar  - en langue nyelâyu - est totalement isolé. 
 
« Notre pire ennemi, ce sont les feux de brousse », indique Isabelle Thalé, Membre du Conseil des jeunes de Dau Ar. Très actifs au sein du Comité de gestion de l’île, les jeunes de l’île initient chaque année une journée environnement. 
 
« Nous menons des campagnes de reboisement des milieux impactés par les feux de forêts », souligne la jeune femme. « Mais nous réalisons également de manière régulière le nettoyage du village et le ramassage d’ordures ». 
 
Cette formation des comités de gestions du patrimoine mondial est une première. Une autre session est prévue dans le courant de l’année. Elle devrait permettre d’aider l’ensemble des bénévoles à mettre en œuvre leurs projets et leurs actions, en collaboration avec les collectivités provinciales.