Réactions indépendantistes au discours de Claude Bartolone

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Claude Bartolone
Claude Bartolone ©ERIC FEFERBERG / AFP
Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a prononcé son discours vendredi matin au Congrès de Nouvelle-Calédonie. Pour Rock Wamytan, Louis Kotra Uregeï et Paul Néaoutyine ont livré leurs impressions sur cette allocution à NC1ère. 
Pour Rock Wamytan, président du groupe UC-FLNKS et Nationaliste, le discours du président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, s’adressait aux non-indépendantistes. « c’est un discours essentiellement tourné vers les non-indépendantistes pour rassurer la population calédonienne qui ne souhaite pas l’indépendance », commente-t-il. 
 
L’ancien président du Congrès insiste sur le fait qu’il ne se sent pas véritablement concerné par ces déclarations. « Il a même tenté de faire émerger un type de solution consensuelle, un peu dans le sens du troisième accord demandé par Pierre Frogier. On sent qu’il a essayé un peu de rassurer tout le monde. Pas trop nous les indépendantistes puisqu’on n’a pas à être rassuré, nous. On est sur un déroulé de l’Accord de Nouméa, on n’a pas de problème particulier avec la préparation de l’avenir ». 
 
Rock Wamytan retient le principe d’équidistance, déjà mis en avant par le Président de la République François Hollande lors de son déplacement en Nouvelle-Calédonie en novembre dernier : « C’est un discours où le président de l’Assemblée nationale a redit le positionnement du gouvernement français concernant la Nouvelle-Calédonie et leur implication dans la mise en oeuvre de l’Accord de Nouméa, et au niveau stratégique, le respect du principe de l’équidistance entre les différents groupes politiques ». 
 
Mais le président du groupe UC-FLNKS et Nationaliste n’y voit pas un détournement de l’Etat sur la question calédonienne : « Ce n’est pas parce qu’ils appliquent le principe de l’équidistance qu’il se désengage ». 
 
« Rien de nouveau sous le soleil cependant », conclut-il.  
 
Pour Paul Néaoutyine, président de la Province nord et leader du Palika, Claude Bartolone n’est pas là pour représenter l’Etat, mais « il est le président de l’Assemblée nationale, c’est à dire une des composantes de la triptyque qui fait que l’Etat reste impartial ». 
 
Le président de la Province Nord revient sur les engagements pris pas le Président de l’Assemblée nationale concernant les amendements. « Il s’engage à faire discuter l’Assemblée nationale, y compris sur les réserves qui viennent d’être portées sur le projet de loi organique », explique-t-il. « Il s’est engagé à faire discuter ces amendements dans le sens d’essayer de débloquer les sujets qui restent encore bloqués » 
 
Le leader du Palika retient la nécessite de participer pour les élus calédoniens. « Nous les élus calédoniens devons être là ce matin pour entendre ce qu’il dit puisque nous sommes les acteurs locaux. Certains ont décidé de ne pas être là. Mais il n’en a même pas parlé, il a juste dit, si vous voulez avancer, il faut que vous preniez vos responsabilités, que vous participiez ». 
 
« C’est à nous de faire avancer les sujets, et pas de demander tout le temps à l’Etat de faire à notre place », poursuit-il. 
 
Pour Louis Kotra Uregeï, président du Parti travailliste, le discours de Claude Bartolone était « déséquilibré ». « J’ai noté qu’il donnait des assurances aux manifestants, à ceux qui ne partagent pas nos positions », a-t-il expliqué. « Je pense que ce n’est pas un discours équilibré. Il a cherché à rester dans l’esprit de l’Accord de Nouméa. Mais on ne peut pas simplement dire qu’ils vont prendre en compte les amendements parce qu’une majorité au Congrès a protesté. Mais c’est une majorité que nous avons contestée compte tenu des contentieux qu’on a sur les listes électorales. »