Colère des rouleurs : "Notre corporation est vouée à disparaître"

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Max Foucher, vice-président de ContraKmine
Max Foucher, vice-président de ContraKmine, en compagnie des rouleurs à la Baie de Moselle ©NC1ère
Alors que les rouleurs sont présents sur la Baie de Moselle depuis mercredi et entendent bien ne pas repartir avant d'avoir obtenu gain de cause, Max Foucher, vice-président de ContraKmine, répondait aux questions de NC1ère.
En attendant la réunion au Haut-Commissariat, à laquelle les rouleurs ont convié tous les membres du gouvernement, Max Foucher, vice-président de ContraKmine, le syndicat des contracteurs miniers de Nouvelle-Calédonie, a répondu aux questions de Martin Charmasson pour NC1ère. Il revient sur la situation difficile des rouleurs et leurs revendications.

NC1ère : Quelle est la motivation principale du rassemblement des rouleurs depuis mercredi ? Que voulez-vous faire savoir ?  
Max Foucher : Il s'agit de la disparition totale de toutes les mines, les petites mines de la Nouvelle-Calédonie. Et bien entendu, notre corporation. Les rouleurs, les sous-traitants, nous sommes voués à disparaître. Pourquoi est-on voué à disparaître ? Il faut le dire maintenant. On doit disparaître au profit d'une restructuration, par une stratégie - on ne va pas dire qui la met en place -, par des tapis roulants, par des tuyaux… Mais nous, on doit disparaître.

NC1ère : Quels sont les faits concrets qui vous poussent à manifester ?
Max Foucher : Aujourd'hui, on sait tous les mois que, du 25 de chaque mois au 15 du mois qui suit, il y a 11 milliards distribués dans le tissu économique de la Nouvelle-Calédonie. Si ce morceau est amputé, les retombées seront moindres et bien entendu, tout le monde sera pénalisé. On peut citer l'hôtellerie, la restauration, les commerces… tout le monde aura un préjudice. Et c'est là que je dis à la population calédonienne : ouvrez les yeux ! Faites attention ! On est déjà en temps de crise. On sait qu'on n'a plus de TP (travaux publics). Il ne nous reste donc que ce petit morceau. Si demain, les leaders de ce pays l'enlèvent, on n'a plus rien.

NC1ère : Qu'est-ce qui vous fait penser que ce morceau est entamé ?
Max Foucher : Il est entamé. Il faut savoir qu'en réduisant les exportations, c'est la mort des petits mineurs. On commence par la latérite et l'année prochaine, ça sera la gardérite sur le Japon.

NC1ère : Le gouvernement maintient qu'il faut préserver les marchés vers le Japon et l'Australie, et qu'il ne faut pas présupposer du schéma territorial par rapport à la Chine.
Max Foucher : La Chine, pourquoi ils ne veulent pas ? C'est sacré, la Chine ! Parce qu'ils ont l'intention de monter un four en Chine. Le même système qu'il y a eu en Corée. Fini celui-ci, ça sera au Japon. Mais pourquoi pas chez nous ? La Calédonie, elle est ici. Quand on construit chez les autres, ça ne nous fait pas vivre et ça ne fait pas vivre la population. Ca ne fait pas vivre nos jeunes. Quand l'usine est montée en Corée, il n'y en a pas un qui prend sa valise pour aller travailler en Corée.  

NC1ère : Vous avez fait une demande pour qu'il y ait une exportation vers la Chine ?
Max Foucher : Oui, on fait une demande pour une exportation vers la Chine. On a fait la demande pour éviter le monopole de QNI. On veut aller vers la Chine, c'est pour une période à passer, parce qu'on est vraiment étranglé. Mais le vrai problème, il est à long terme.

NC1ère : Pour la réunion au Haut-Commissariat, vous avez demandé que tous les membres du gouvernement soient présents. Vous pensez que votre demande va être entendue ?
Max Foucher : On l'ignore. C'est important que tous soient là, car tous auront entendu les mêmes propos. Il n'y aura pas de déformation.
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