Le destin commun au centre d'une conférence-débat au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

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La notion de destin commun était au centre d’une conférence-débat mercredi soir au Congrès, à l’initiative de la revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie. Le public est venu nombreux écouter les points de vue de spécialistes.
Trois heures d’échanges pendant lesquels certains se disent prêts à construire le destin commun, et d’autres restent perplexes devant les difficultés actuelles du vivre ensemble. Le destin commun, qu’est-ce que ça veut dire ? En Nouvelle-Calédonie, quelles chances avons-nous de le réussir ? Des questions posées mercredi soir dans l’hémicycle du Congrès où avaient pris place spécialistes, religieux, coutumiers  et public pour débattre et échanger les points de vue. 

"Les gens ne se rencontrent pas"...

Le destin commun, une affaire de reconnaissance  pour le sociologue John Passa qui a fait certains constats : « il y a un aspect hermétique ; les gens ne se rencontrent pas. Quelque part, les faits de la citoyenneté, c’est forcer les gens à se rencontrer. Mais est-ce qu’ils ont envie de se rencontrer ? C’est toujours cette question que je me pose. A la sortie de ces événements-là, il n’y a pas grand-chose qui se crée »
L’école qui doit être le creuset du destin commun, illustre plutôt sa fragilité poursuit John Passa : « je le dis sans animosité, quand on parle de l’échec scolaire, c’est qu’on a raté le travail de reconnaissance des populations qu’on accueille. On prend les outils d’ailleurs, alors qu’on pourrait aussi s’intéresser aux populations qu’on a dans nos classes ».

"Malgré toutes les aides de l'Etat et trois usines de nickel, on n'y arrive pas"...

Les autorités locales sont-elles à la hauteur des enjeux ? s’interroge Edouard Léoni, consultant en finances publiques et en stratégie du nickel : « Malgré toutes les aides actuelles de l’Etat, on a nos principaux comptes qui sont en déficit. Malgré la construction de trois usines de nickel – ce sont plus de 1000 milliards de francs CFP qui nous sont tombés sur la tête, malgré la couverture financière sur la balance commerciale et la balance des comptes courants, malgré les défiscalisations de l’Etat, on n’y arrive pas. Le gouvernement est le garant bancaire des autres collectivités, c’est-à-dire des provinces, et des communes, et de tous les établissements publics. A mon sens, il est temps qu’il y ait un renouvellement des élus, de gens mieux formés, plus compétents, et sans trop d’affaires en cours »

Si parmi les intervenants les positions étaient  parfois opposées, les réactions du public en revanche étaient unanimes : le processus sera peut-être long et difficile mais ces auditeurs d’un soir croient  au destin commun.



Jean-Baptiste Manga est enseignant, il a réalisé une thèse sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et synthétise les points de vue des différents intervenants. Pour lui, le destin commun, c'est un état d'esprit. Jean-Baptiste Manga est au micro de Malia-Losa Falelavaki.

Manga itw