publicité

Autorisation des exportations : les réactions des politiques et intervenants

Mercredi soir, à une très courte majorité, le Congrès de Nouvelle-Calédonie a estimé, que les demandes d’autorisations d'exportation de minerai en cours étaient compatibles avec le schéma minier. Retrouvez les réactions des politiques et parties au conflit.

Après plus de huit heures de débats mercredi 14 octobre 2015, le Congrès de Nouvelle-Calédonie a estimé, à une très courte majorité, que les demandes d’autorisations d'exportation de minerai en cours sont compatibles avec le schéma minier voté en 2009. © NC1ère
© NC1ère Après plus de huit heures de débats mercredi 14 octobre 2015, le Congrès de Nouvelle-Calédonie a estimé, à une très courte majorité, que les demandes d’autorisations d'exportation de minerai en cours sont compatibles avec le schéma minier voté en 2009.
  • Elif Kayi (avec NC1ère La Radio)
  • Publié le
Tard dans la soirée de mercredi, le Congrès a rendu son avis concernant la question des exportations de minerai vers la Chine et le Japon. Avec 27 vois pour, 25 contre et deux abstentions, rouleurs et mineurs voient leur demande pris en compte,  la faveur du vote du groupe Les Républicains, des élus de l’Union pour la Calédonie dans la France (UCF) et de la grande majorité du groupe UC-FLNKS et nationalistes.

A l'issue des débats, la porte-parole du groupe les Républicains au Congrès Sonia Backès n'a pas caché pas sa satisfaction.

"C'est une grande satisfaction parce que cela fait maintenant trois mois qu'on répète que le schéma minier autorise les exportations vers la Chine", commente Sonia Backès. "Le Congrès nous a donné raison aujourd'hui. C'est une très bonne chose, notamment pour les 450 emplois qui étaient mis en danger du fait de ce refus d'exportation".

Sonia Backès conserve toutefois une certaine méfiance quant aux suite que donnera le gouvernement. "J'espère seulement que le président du gouvernement n'essaiera pas de trouver de nouveaux subterfuges pour essayer de ne pas se conformer à la volonté du Congrès", a-t-elle déclaré.

Ecoutez les propos de Sonia Backès au micro d'Angélique Souche pour NC1ère La Radio :

ITW Backès 14/10/15


Grégoire Bernut, porte-parole du Rassemblement, qui s'est déclaré aussi "satisfait" a tenu à rappeler que c'était le "tissu économique calédonien" qui était en jeu avec la question des exportations. "C'est le pragmatisme qui l'a emporté. Enfin un espoir pour les 450 emplois mis en péril et les 300 autres fragilisés à Nakéty", a-t-il déclaré.  

Ecoutez les propos de Grégoire Bernut au micro d'Angélique Souche pour NC1ère La Radio :

ITW Bernut 14/10/15


Rock Wamytan, président du groupe UC-FLNKS et Nationaliste, a pointé du doigt la position du gouvernement dans le conflit des rouleurs.

"Il fallait régler tous ces problèmes qui se posent à nous, suite au conflit initié par ContraKmine", a-t-il déclaré. "Comme le gouvernement n'a pas pris ses responsabilités, le Haut-Commissaire a pris cette décision d'interroger le Congrès et demander une session extraordinaire",  

Ecoutez les propos de Rock Wamytan au micro d'Isabelle Peltier pour NC1ère La Radio :

ITW Wamytan 14/10/15


"Le gouvernement est satisfait, il y a eu un débat démocratique", a déclaré le président du gouvernement Philippe Germain.

A ses yeux, toutefois, la position du Congrès n'est pas claire. "Ils sont favorables sur la Chine, mais quand on entend les déclarations, c'est pour des exportations de matériaux qui ne seraient pas valorisables chez nos clients traditionnels. Or les demandes d'exportations qui sont effectuées aujourd'hui sur la Chine concernent des latérites qui sont exportables chez nos clients traditionnels", a-t-il commenté.

Philippe Germain a aussi souligné trois positions différentes au sein du Congrès concernant les conditions pour les exportations vers le Japon.

Ecoutez les propos de Philippe Germain au micro d'Angélique Souche pour NC1ère La Radio :

ITW Germain 14/10/15


Du côté de l’UNI-Palika et de Calédonie Ensemble, on dénonce en effet une vision à court terme, à l’encontre du principe d’optimisation inscrit dans le schéma minier.

Philippe Blaise, président du MRC et conseiller au Congrès, a rappelé les principes du schéma minier, qui laissent une marge de manoeuvre au gouvernement.

"Ce qui est très positif, c'est qu'on a rappelé que le schéma minier n'est pas un document restrictif, c'est un document qui énonce plusieurs principes. Ceux-ci laissent une liberté d'appréciation au gouvernement, en fonction des réalités économiques", a-t-il déclaré.

Pour lui, il est important de prendre en compte la réalité économique actuelle du pays. "Tous les débats aujourd'hui ont porté sur le fait que la réalité économique en 2014 est différente de celle de 2009, que personne ne pouvait anticiper la crise et que le gouvernement doit prendre des mesures individuelles pour autoriser ou pas les exportations, puisqu'elles ne sont pas interdites pas le schéma minier," a-t-il conclu.  

Ecoutez les propos de Philippe Blaise au micro d'Angélique Souche pour NC1ère La Radio :  

ITW Blaise 14/10/15


Pour Philippe Michel, président de la province Sud, l'intérêt du pays n'a pas été pris en compte dans la décision d'autoriser les exportations.

"Ce débat pour moi a produit deux nouvelles, une bonne et une mauvaise. La bonne, c'est que la démocratie s'est exercée et que tout le monde a pu donner sa position sur le sujet. La mauvaise, par contre, c'est que les intérêts particuliers l'ont emporté sur l'intérêt général", a-t-il souligné.

Pour le président de la Province Sud, accorder des exportations supplémentaires de minerai n'était pas nécessaire. "En décidant d'accorder 3.300.000 tonnes d'exportation de minerai de plus, on décide de doubler les exportations de minerai calédonien hors du territoire, alors qu'on vient déjà de les doubler sur les cinq dernières années", a-t-il expliqué.

Ecoutez les propos de Philippe Michel au micro d'Isabelle Peltier pour NC1ère La Radio :

ITW Michel 14/10/15


Joseph Goromido (UNI) regrette l'avis rendu par le Congrès. "Je regrette, parce qu'on avait déjà défendu depuis plusieurs mois la doctrine nickel qui consiste à maîtriser la ressource et envoyer en usine offshore le minerai, qui puisse permettre d'avoir des retours en Nouvelle-Calédonie", a-t-il déclaré.

Pour le maire de Koné, qui accepte l'expression de la majorité, il faut revoir la stratégie minière dans les prochains mois. "C'est pour dix-huit mois, donc on a le temps après de revoir, de se concerter, et essayer d'avoir une stratégie minière qui soit la bonne", a-t-il conclu.

Ecoutez les propos de Joseph Goromido au micro d'Angélique Souche pour NC1ère La Radio :

ITW Goromido 14/10/15


Du côté des rouleurs et des mineurs, le ton est au soulagement et à la satisfaction. Même si ils expliquent demeurer vigilants quant à l'évolution du dossier.

Max Foucher, vice-président du syndicat ContraKmine, a fait part de la satisfaction des rouleurs concernant l'autorisation des exportations, justifiée selon lui par la faible teneur qu'il faut compenser par une augmentation du tonnage.

"La Chine, c'est oui, c'est une satisfaction. Ca permettra d'avoir du tonnage pour les rouleurs et les sous-traitants", a déclaré le représentant de représentant de ContraKmine. "Après, pour le Japon, je ne vois pas pourquoi il y aurait un problème, vu que c'est un client traditionnel."

Ecoutez les propos de Max Foucher au micro d'Angélique Souche pour NC1ère La Radio :

ITW Foucher 14/10/15


Wilfried Mai, président de ContraKmine, s'est déclaré "soulagé". "On nous donne raison quand même pour ce qu'on a demandé pour les rouleurs de toute la Calédonie", a-t-il expliqué. "

Il ajoute cependant rester attentif à la suite du dossier. "Le Congrès, a donné son avis, favorablement. Maintenant, on attendra le gouvernement."

Ecoutez les propos de Wilfried Mai au micro d'Isabelle Peltier pour NC1ère La Radio :

ITW Mai 14/10/15


Sur le même thème

  • nickel

    Désengagement de Vale en Nouvelle-Calédonie : les réactions

    L'annonce officielle que Vale va céder ses parts dans l'usine du Sud en cours d'année prochaine, et réorienter d'ici là sa stratégie en Nouvelle-Calédonie, fait réagir du côté des acteurs syndicaux, politiques et de la société civile. Quelques exemples.

  • nickel

    Vale compte céder 95 % des parts de l'usine du Sud courant 2020

    Le Brésilien Vale veut se désengager l'an prochain de son complexe industriel en Nouvelle-Calédonie. Face à des pertes qui atteignent déjà les vingt milliards CFP en 2019, Vale NC va cesser l’activité de sa raffinerie et réorienter sa stratégie sur la production de NHC, le «nickel hydroxide cake».

  • nickel

    Un conseil d’administration crucial pour la SLN

    Le conseil d’administration de la SLN est programmé ce jeudi soir à Doniambo, en présence de Christel Bories, la PDG d’Eramet. A la faveur de la légère remontée des cours du nickel cette année, la SLN va un peu mieux, mais elle n’est pas encore tirée d’affaire.

publicité