Le populiste néerlandais Geert Wilders en Australie pour le lancement d'un parti anti-islam

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Geert Wilders
L'homme politique néerlandais d'extrême droite Geert Wilders a publié des photos de sa visite en Australie sur son compte Twitter. ©Twitter
Le populiste néerlandais Geert Wilders s'est rendu en Australie pour lancer un nouveau parti politique anti-islam, le Parti australien pour la liberté, ALA (Australian Liberty Alliance).
Le populiste néerlandais Geert Wilders était à Perth, mardi soir, pour le lancement d'un nouveau parti politique, le Parti australien pour la liberté, ALA (Australian Liberty Alliance). Cette formation anti-islam espère remporter au moins un siège au Sénat lors des prochaines élections.

L'ALA affirme que son programme ne se résume pas à sa position sur l'islam, mais c'est bien ce point qui attire toute l'attention. Pour Andrew Horwood, le directeur du parti, "l'islam dans sa forme actuelle ne colle pas avec les valeurs australiennes". Des valeurs judéo-chrétiennes, estime-t-il. C'est d'ailleurs souligné à deux reprises dans le petit texte de présentation du parti sur Internet.
 
Cette nouvelle formation politique s'inspire en fait du PVV néerlandais, du Parti pour la liberté de Geert Wilders, qui taxe notamment l'islam d'« arriéré » et veut faire interdire le Coran, qu'il compare à Mein Kampf. C'est donc cet homme politique controversé qui a officiellement lancé, hier soir, la création du nouveau parti australien. Mais cela s'est fait dans la plus grande discrétion pour des raisons de sécurité, explique Andrew Horwood, le directeur de l'ALA :
 
"Geert Wilders vit sous protection policière 24 heures sur 24 depuis 10 ans. Il a fait l'objet d'une tentative d'assassinat au Texas au début de l'année. C'est juste ça, sa vie."
 
Le Parti australien pour la liberté souhaite avoir le même succès que le parti de Geert Wilders, qui occupe 12 des 150 sièges du Parlement néerlandais. Pour cela, il propose de bannir le port du voile intégral et d'arrêter pendant 10 ans de délivrer des visas de résident aux personnes venant de pays musulmans.
 
Benjamin Jones, historien politique à l'Université de Sydney ouest, doute de la réussite de cette stratégie :
 
"Dans l'esprit du Parti australien pour la liberté, Geert Wilders, c'est un succès. Mais ils ne reconnaissent pas qu'il y a d'énormes différences entre les Pays-Bas et l'Australie, qui, historiquement, a toujours été une nation d'immigrés, du moins depuis 1788. Ce parti n'a pas seulement des convictions anti-islam, mais il est contre le multiculturalisme dans son ensemble. Or, c'est une chose dont la grande majorité des Australiens sont très fiers, ils sont fiers de cette réussite."
 
Anne Aly est une experte de l'antiterrorisme au sein de l'Université Curtin. Elle estime, elle aussi, que l'ALA a peu de chances d'obtenir des sièges aux prochaines élections, mais il ne faut pas pour autant ignorer son existence :
 
"Je pense que nous devons arrêter de rejeter ce ventre mou de l'Australie, et de détourner la tête. C'est une réalité et on doit s'en préoccuper. On doit en parler, en parler ouvertement, et avoir des groupes comme celui-ci nous donne l'occasion de lancer la discussion. Parlons de ce qu'ils demandent, parlons de leurs intentions, parlons des mythes qu'ils avancent, de cette idée que l'Australie risque d'être islamisée, disons pourquoi tout cela est faux."
 
Les groupes représentant la communauté musulmane sont apparus divisés sur la question de savoir s'il fallait accorder ou non un visa à Geert Wilders. Le Premier de l'État d'Australie occidentale,  Colin Barnett, dit qu'il "aurait préféré » que le populiste néerlandais ne vienne pas, mais il met en avant « le droit à la liberté d'expression".
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