Le président du Vanuatu veut un gouvernement d'union nationale d'ici 10 jours

L'ancien président du Parlement, Pipite Marcellino, emmené en prison, jeudi dernier.
Baldwin Lonsdale donne 10 jours à la majorité et à l'opposition pour s'entendre et former un nouveau gouvernement. Un gouvernement d'union nationale, qui serait chargé de diriger l'archipel jusqu'aux prochaines élections, prévues dans un an.
Ce message de fermeté du président vanuatais semble ne pas avoir été entendu par le Premier ministre. Sato Kilman se fait discret, alors que la moitié de son gouvernement est en prison. Il vient seulement de s'exprimer pour la première fois depuis le début de cette affaire. Il n'avait pas réagi à la condamnation de 14 députés pour corruption ni à la tentative de certains d'entre eux d'obtenir une grâce présidentielle. Sato Kilman a finalement décidé de livrer son sentiment ce midi, à la télévision, critiquant la justice. Il estime que tous les élus ne sont pas traités de la même manière. Le Premier ministre pense aussi qu'il faudrait dissoudre le Parlement et organiser des élections anticipées.
 
Sato Kilman s'oppose donc ouvertement à la manière dont le président vanuatais entend résoudre la crise. Il l'a bien montré dès hier, comme le rapporte Tony Wilson, le directeur du quotidien L'Indépendant du Vanuatu : « Il y a eu une rencontre organisée, hier, entre les deux camps, mais le Premier ministre n'y a pas assisté. Il semble qu'à ce stade, il ne prenne pas au sérieux l'ultimatum de Baldwin Lonsdale, mais quand la date approchera, je suis sûr que les hommes politiques vont penser sérieusement à leur survie parce que sans cela, ils vont laisser passer leur chance de rester au Parlement. »
 
Le président de l'archipel semble en effet déterminé à régler cette crise politique au plus vite. Peut-être un trop vite, souligne Tony Wilson : « La date fixée est le vendredi 6 novembre, avant que la cour d'appel ne siège. Il pourrait donc y avoir un cas de figure incroyable s'il choisit finalement de dissoudre le Parlement et que la semaine suivante, les élus sont jugés non coupables… Ils sortiront alors de prison pour aller faire campagne ! »
 
Huit élus ont déjà fait appel. Ils seront donc de nouveau entendus par la justice à partir du lundi 9 novembre. En attendant, les 14 députés ont été placés en détention. Une incarcération difficile pour plusieurs d'entre eux, raconte Tony Wilson : « Tony Wright (ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, NDLR) n'a pas tenu une nuit en prison. Il a tout de suite été emmené à l'hôpital de Port-Vila et le lendemain, il a été évasané à Nouméa. Il a de graves problèmes cardiaques. La juge Mary Sey a pris en compte les problèmes de santé de plusieurs des élus accusés, et leur a donné des peines légèrement inférieures pour ces raisons. ». Pour rappel, Tony Wright a été condamné à 3 ans de prison.