PNG: la police met en doute le récit des deux touristes attaquées sur la piste de Kokoda

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Le traitement de l'affaire par le tabloid anglais The Sun a énervé les Papous vivant le long de la piste de Kokoda.
Une Américaine de 31 ans et un Anglais de 32 ans ont raconté à la police papoue avoir été attaquées le 11 janvier dernier, sur la célèbre piste de Kokoda. Une partie de leur déclaration est aujourd'hui remise en question.
Selon le récit livré par le couple de touristes, deux hommes armés de machettes et de lances leur ont tendu une embuscade, avant de s'en prendre à eux, de violer la jeune femme, de lui infliger des blessures à la main, et de voler leurs affaires. Les touristes ont finalement réussi à s'échapper, à rejoindre un village voisin, d'où ils ont été rapatriés à Port-Moresby en hélicoptère. Depuis, trois hommes ont été arrêtés, dont deux sont toujours en détention provisoire.
 
Mais pour le commissaire divisionnaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Dominic Kakas, certains aspects du récit des touristes ne tiennent pas la route. La police dit attendre les résultats d'une expertise médicale avant d'en dire davantage.
 
D'autres voix s'élèvent dans le pays pour mettre en doute la véracité des plaintes déposées par le couple de randonneurs, comme celle de Gary Juffa, le gouverneur de la province d'Oro :
 
« Il y a certainement eu une attaque, mais pas l'attaque rapportée par les médias papous. Les médias ont parlé d'un viol collectif en marge de la piste de Kokoda, mais les victimes ne semblent pas avoir été violées : elles étaient décontractées, elles sont entrées dans le bureau du médecin tout sourire, se tenant la main et rigolant. Ce n'est pas le comportement de victimes de crimes sexuels. »
 
Les habitants de la région affirment, eux aussi, que le couple de touristes a effectivement été attaqué, mais ils ne font pas mention d'un viol. 
 
Plusieurs guides de randonnée, qui connaissent bien la piste de Kokoda, ont également mis en doute la version des deux touristes. Il y a des incohérences dans leur récit, souligne Charlie Lynn, homme politique de Nouvelle-Galles-du-sud, et organisateur de tours en Papouasie-Nouvelle-Guinée « Ils ont dit qu'on les avait laissé pratiquement nus, qu'on leur avait pris leurs chaussures et tout ce qu'ils avaient… avant de marcher plus de 15 kilomètres pieds nus jusqu'au village d'Alola. S'ils avaient marché pieds nus, leurs pieds auraient été sévèrement lacérés et pourtant, sur la photo d'eux prise dans l'hélicoptère d'évacuation à Alola, ils portent des sandales et n'ont aucun pansement. » Les vêtements qu'ils portent sont, en outre, les mêmes que ceux qu'ils avaient au début de la randonnée.
 
La piste de Kokoda attire de nombreux touristes randonneurs et représente une source de revenus essentielle pour de nombreux villages. L'attaque du couple de touristes a fait la une de la presse internationale et fait craindre une baisse du nombre de randonneurs dans les mois à venir. D'autant qu'un tabloid britannique a qualifié les Papous de « cannibales ». Interrogé par le journal, le randonneur anglais affirme avoir eu « la peur atroce d'être mangé ». Une déclaration qui a blessé et énervé les habitants qui vivent le long de la piste de Kokoda.