nouvelle calédonie
info locale

Une 26e "Traversée" mémorable

sportncla1ère
Eric Lucini et Hugo Verlaguet, le fils d'Eric Verlaguet, ancien co-organisateur de la Traversée, au départ de l'édition 2020.
Eric Lucini et Hugo Verlaguet, le fils d'Eric Verlaguet, ancien co-organisateur de la Traversée, au départ de l'édition 2020. ©G.Detcheverry
Surprise et émotion lors de la Traversée BCI Ile aux canards. Chez les licenciés masculins, Hugo Savignac s'est fait surprendre. Chez les dames, Charlotte Robin est allée chercher un dixième sacre. Une course marquée par l'hommage à Eric Verlaguet, figure emblématique de l'événement.

L'avant-course sous le signe du souvenir

 
505 au départ de la 26e Traversée Ile aux canards
505 au départ de la 26e Traversée Ile aux canards ©G.Detcheverry

Ils sont au total 505 pour l'édition 2020. Des très jeunes, d’autres plus anciens, des novices ou des habitués. C’est ce qui fait tout le sel de cette épreuve depuis 26 ans. Avant les départs différés des quatre catégories, un hommage est rendu à Eric Verlaguet, speaker emblématique de la course décédé au début du mois. Eric Lucini a organisé l'épreuve pendant 20 ans à ses côtés et avec son frère François. Il demande une minute de silence, brassard noir au bras, comme la famille du regretté. Ses fils Cyril et Hugo, son neveu Jérémy, vont nager en groupe avec une grenouille tatouée sur le bras pour rappeler son surnom. Un autre de ses frères, Gil, est dans l'équipe sécurité de la course.
 
La famille Verlaguet avant le départ.
La famille Verlaguet avant le départ. ©G.Detcheverry
 

Quatre départs différés, une surprise à l'arrivée


Entre 8 heures et 8h20, devant une foule compacte d'observateurs, les participants équipés de palmes et de masques, les licenciés natation et triathlon hommes puis femmes, et les non-licenciés vont s'élancer tour à tour. Les meilleurs mettront moins d'une demi-heure pour parcourir la distance, sous la surveillance d’une large équipe de sécurité. Les nageurs équipés sont les premiers à arriver. Valentin Mansuy boucle l’épreuve en palmes en 22mn 32s. Armelle Hidrio est la plus rapide dans cette catégorie chez les féminines en 29mn 24s.
 
Ils étaient 146 inscrits dans la catégorie palmes.
Ils étaient 146 inscrits dans la catégorie palmes. ©G.Detcheverry
Les licenciés hommes partaient 10 minutes après les "palmes"
Les licenciés hommes partaient 10 minutes après les "palmes" ©G.Detcheverry
 
Le nageur du CNC John-William Dabin remporte la Traversée BCI 2020 chez les licenciés hommes.
Le nageur du CNC John-William Dabin remporte la Traversée BCI 2020 chez les licenciés hommes.

Côté licenciés natation/triathlon, John-William Dabin, plutôt habitué au 200 mètres 4 nages et au crawl en bassin, crée la surprise. Troisième de la Traversée l'an passé en 27 minutes, le nageur du CNC, à seulement 16 ans, termine cette fois en tête en 24mn17 devant Baptiste Savignac (25'15) et son grand-frère Hugo (25'39), pourtant favori.
 

" Je savais qu'Hugo allait partir très vite, donc je suis parti moi aussi très vite. Ils ne m'ont pas vu. Ils sont partis sur la gauche. Moi j'ai gardé une bonne trajectoire sur la bouée. J'ai maintenu le rythme et relancé plusieurs fois pour garder la distance. Je ne savais vraiment pas comment ça allait se passer. J'étais surpris. Au final, ça s'est bien passé. C'est la première fois que je gagne cette course très médiatisée. Tout le monde la connait " John-William Dabin

 
Les licenciées féminines étaient 59 à s'élancer depuis l'Anse Vata.
Les licenciées féminines étaient 59 à s'élancer depuis l'Anse Vata. ©G.Detcheverry
 
Charlotte Robin n'a perdu qu'une seule fois la Traversée chez les licenciées dames depuis 2011.
Charlotte Robin n'a perdu qu'une seule fois la Traversée chez les licenciées dames depuis 2011. ©G.Detcheverry

Dans la course licenciées dames, Charlotte Robin s'est offert une nouvelle première place. Elle avait gagné avant son départ pour la métropole entre 2004 et 2010, et n'a perdu qu'une seule fois depuis 2011 (derrière Margaux Faure). La triathlète a utilisé son expérience pour prendre le dessus sur Lillie Freulon (27mn44 contre 27mn49). Cette version 2020, changée dans son format par le comité organisateur, lui a beaucoup plu.
 

" Je suis restée avec Lillie jusqu’à la première bouée, puis j'ai accéléré au demi-tour dans la partie la plus technique. Je pense que Lillie a fait l'erreur de partir à gauche pour revenir, et j'ai conservé une trajectoire plus droite sur la fin pour gagner. C'était particulier avec l'hommage à Eric, qui a beaucoup oeuvré dans la natation et le sport en général. Et c'était différent des autres années, parce que les triathlètes et les nageurs partaient ensemble. Ca m'a permis de me mesurer aux nageuses. En triathlon, j'étais un peu seule. C'est intéressant " Charlotte Robin, première chez les licenciées dames

 

Les non-licenciés se sont régalés


Dans cette catégorie, Thomas Testet a été le plus rapide en 29mn02 et Chloé Trouilhet en 32mn30. Le supiste Titouan Puyo était de la partie, tout comme des nageurs handicapés, des enfants, ou d'autres plus âgés comme cet homme de 80 ans qui a terminé en papillon. Sa devise à l'arrivée : "il faut toujours garder de la force pour finir avec le sourire"
 
Le dernier de la course, à 80 ans, a terminé en papillon et avec le sourire.
Le dernier de la course, à 80 ans, a terminé en papillon et avec le sourire. ©G.Detcheverry

Aurélien, lui, a apprécié sa deuxième Traversée même si tout n'est pas facile :
 
Aurélien participait pour la deuxième fois.
Aurélien participait pour la deuxième fois. ©G.Detcheverry
 

" Le départ c'est vraiment au coude à coude, des jambes dans les yeux, beaucoup de mousse, on ne voit pas grand chose. Quand on lève la tête, il y a des bras et des jambes partout.  C'est vraiment la bagarre. Soit on essaye de passer, soit on laisse passer. Après, il faut lever la tête assez souvent pour trouver des repères, les balises ou l'île aux canards, mais trouver un repère ce n'est pas facile. J'ai fait pas mal de zigzags, j'ai du faire 200 mètres de plus par rapport à l'an passé !" 
Aurélien, participant non-licencié


Le reportage de Martin Charmasson et Gaël Detcheverry