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Attentats: L'Ambassadeur de Belgique répond au 1er Ministre Australien

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Malcolm Turnbull
Malcolm Turnbull, le Premier ministre australien, devant les membres de l'institut Lowy, à Sydney ©AFP

Le Premier ministre australien insiste : l'Union européenne a « failli en matière de sécurité ». Malcolm Turnbull l'a répété hier soir, lors d'un discours à Sydney. Des propos dénoncés par l'ambassadeur belge en Australie, Jean-Luc Bodson.

 

Frontières fortes 

C'était son premier grand discours sur les affaires étrangères depuis son arrivée au pouvoir, en septembre dernier. Devant les membres de l'Institut australien Lowy, à Sydney, Malcolm Turnbull a de nouveau estimé que l'Australie se débrouillait nettement mieux que l'Europe en matière de sécurité :
 
« Il n'y a pas de frontières intérieures en Europe. Cette ouverture a été une grande réussite, mais les frontières extérieures sont difficiles à gérer. Selon des informations récentes des services de renseignement, le groupe terroriste Daesh utilise la crise des migrants pour envoyer des agents en Europe.
L'avantage que nous confère le fait d'être une île, nos services efficaces de protection des frontières et nos agences de lutte antiterroristes nous permettent d'être sûrs de savoir qui entre dans le pays. Des frontières fortes, des organismes de sécurité vigilants et respectueux de l'État de droit et un attachement fort aux valeurs communes de liberté et de respect mutuel : ce sont les ingrédients du succès multiculturel, c'est ce que nous avons réussi à accomplir en Australie. »
 

Discours dangereux ?

Malcolm Turnbull n'est pas le premier à s'attaquer à la zone de libre circulation de Schengen, mais ses propos sur les migrants ont entraîné une vive réaction de l'ambassadeur belge en Australie, Jean-Luc Bodson : 
L'ambassadeur belge en Australie, Jean-Luc Bodson, interviewé par l'ABC.
« Je pense que c'est dangereux de dire cela, c'est exactement ce que Daesh veut, que l'on fasse la confusion entre terroristes et migrants, et entre terrorisme et islam. Lors d'une conférence de presse, notre Premier ministre a appelé à la solidarité, il a demandé aux Belges de ne pas s'en prendre à une communauté, parce que c'est la pire des choses à faire et c'est contre-productif. Parmi les gens qui fuient la Syrie, notamment, beaucoup font partie de la classe moyenne, ils sont éduqués, ont de l'argent et peuvent être une chance pour l'économie européenne, si l'on arrive à gérer ce flux migratoire. C'est un défi. »
 
L'ambassadeur belge rejette aussi les accusations portées contre les services de sécurité belges, même s'il concède que les choses auraient pu mieux se passer.

Ambassadeur de Belgique en Australie
L'ambassadeur belge en Australie, Jean-Luc Bodson, interviewé par ABC ©ABC TV

 

Exemple?

Pour le Premier ministre australien, s'il y a un exemple à suivre, outre le multiculturalisme australien, c'est celui de l'Indonésie. Malcolm Turnbull a loué la politique du président Joko Widodo, qui « promeut un islam tolérant et ouvert ».
 


Asie

Tourné vers l'Asie, Malcolm Turnbull s'est félicité de la multiplication des échanges commerciaux avec l'Inde. Il a aussi eu un mot pour la Chine et plusieurs pays d'Asie du Sud-Est. Aucune mention du Pacifique, en revanche. Même la Papouasie-Nouvelle-Guinée a été oubliée.
L'analyse de Jonathan Pryke, chercheur à l'institut Lowy :
« Dans ce contexte, où il est question de parler de grandes puissances économiques, je ne peux pas dire que j'ai été surpris. Quand vous comparez les pays du Pacifique à l'Inde, à l'Indonésie, au Japon, à la Chine… ce sont vraiment des petits États. Mais ce qui est intéressant, c'est que la Papouasie-Nouvelle-Guinée soit exclue quand on parle de croissance économique dans la région. Ça veut dire qu'il ne s'agit pas seulement de croissance économique, mais d'avoir le bon type de croissance économique. En PNG, les chiffres sont élevés, mais cela concerne des petits secteurs, qui n'emploient pas beaucoup de monde et ne bénéficient pas franchement à la population. »
 
Un point positif, tout de même : pour Jonathan Pryke, l'équipe de Malcolm Turnbull a changé de ton vis-à-vis des voisins du Pacifique, notamment sur la question du changement climatique.
 

 

       
 
 
 
 

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