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Australie : la Grande barrière de corail est-elle en péril ?

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Blanchissement du corail
Les récifs qui se situent près de l'île du Lézard sont particulièrement stressés ©Supplied/WWF
Il y a près d'un an, les autorités australiennes poussaient un ouf de soulagement : la Grande barrière de corail n'était finalement pas placée sur la liste du patrimoine en péril de l'Unesco. Mais l'épisode intense de blanchiment des coraux observé actuellement pourrait changer la donne.
Scientifiques et écologistes multiplient les interventions télévisées depuis trois semaines : le survol des 520 récifs de la Grande barrière de corail, au large du Queensland, a révélé la gravité de cet épisode de blanchiment des coraux. Janice Lough est chercheuse au sein de l'Institut australien des sciences marines :
 
« La situation actuelle est très mauvaise dans la partie nord du parc marin. Une grande partie des récifs sont touchés. Je crois même que les observations aériennes nous montrent que, tout au nord, seuls quatre récifs ne sont pas atteints. »
 

En péril?

Or, c'est justement cette partie du joyau du Queensland qui était en pleine santé l'an dernier, lorsque l'Unesco a pris sa décision. Depuis, le phénomène El Nino, observé dans tout le Pacifique, a provoqué une hausse des températures de surface. Cela a entraîné l'expulsion des algues symbiotiques, qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Sans elles, les récifs se décolorent et si la situation dure, ils peuvent mourir.
 

Remise en question

Que se passera-t-il si ces coraux meurent ? C'est la question que se pose Richard Leck, directeur du programme de conservation marine de l'ONG WWF, qui conseille l'Unesco :
 
« Quand il était sous pression, le gouvernement australien a argué que comme la Grande barrière de corail était vaste, qu'elle s'étirait sur environ 2 500 kilomètres, dans l'ensemble, la valeur du patrimoine mondial était intact. Et pour pouvoir affirmer cela, il s'est focalisé sur la partie nord du récif. On sait que la partie sud a souffert de la pollution et de l'étoile de mer acanthaster planci. Si de nombreux coraux meurent dans le nord, est-ce que ça signifie que le statut de la Grande barrière sera remis en question ? »
 
Voici l'avis de Janice Lough :
 
« Je pense que c'est une réelle possibilité. La partie nord était la mieux préservée, la moins touchée par l'activité humaine. »
 
Si l'emblème australien n'a pas été considéré en danger, l'an passé, il a tout de même été placé sous la surveillance de l'Unesco. Un point doit être effectué l'an prochain, avant un grand bilan en 2020. Le gouvernement australien affirme ne pas s'en inquiéter. Voici un extrait du communiqué de Greg Hunt, le ministre de l'Environnement :
 
« On a fait, et on continue à faire des progrès considérables dans le cadre de notre plan d'action 2050. Parmi ces améliorations, il y a l'interdiction de tout déversement de déchets de dragage, l'amélioration de la qualité de l'eau et un travail de lutte contre l'étoile de mer acanthaster planci. La mise en œuvre de ces projets permettra d'améliorer la santé et la résilience de la barrière de corail. »

Espoir

La partie n'est pas perdue, les récifs peuvent se remettre de cet épisode violent. Comme le souligne la chercheuse Janice Lough, il faut espérer qu'aucun cyclone ni autre événement majeur ne frappe la région ces prochaines semaines.
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