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Calédoniens ailleurs : Charles Brecard, danseur passionné, rêveur éclairé

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Calédoniens ailleurs : Charles Brecard, danseur passionné, rêveur éclairé
Calédoniens ailleurs : Charles Brecard, danseur passionné, rêveur éclairé ©Olivia N'Guyen
Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Charles Brecard, artiste en danse.
« Je ne pensais absolument pas que j’allais vivre tout cela. » Une enjambée par-là, un battement sur le côté, un grand saut vers l’inconnu. Comme une danse, le parcours de Charles s’est construit pas à pas.

À 15 ans, le Calédonien découvre la danse avec le film Steppin. Une révélation pour l’adolescent. Il porte son choix sur le krump, style urbain très en vogue parmi les jeunes Calédoniens. La danse devient vite sa passion. Membre du groupe Urban Breaker Crew, Charles enchaîne les battles et les compétitions, s’essayant à tous les styles de hip-hop. Un bac S en poche en 2011, le jeune homme d’origine vietnamienne choisit de devenir kinésithérapeute. Après une préparation effectuée seul, Charles échoue au concours. Il se lance alors comme danseur, « ne savant pas quoi faire d’autre ». « J’avais toujours dans l’optique de faire des études supérieures, mais j’ai pris ma patente et j’ai essayé d’en vivre. » Prestations scéniques, pubs, cours de danse, le jeune homme se débrouille ainsi pendant deux ans.
 
Danseur de hip-hop à ses débuts en Nouvelle-Calédonie, Charles s’est formé comme interprète en danse contemporaine à Montréal.
Danseur de hip-hop à ses débuts en Nouvelle-Calédonie, Charles s’est formé comme interprète en danse contemporaine à Montréal. Crédits photos: Boty 2011 - pendant un show de Urban Breakers (à gauche) / Maxime Côté - pendant un show à l’école de danse (à droite)

En 2013, il est temps pour lui de mener à bien de nouveaux projets. L’artiste décide de faire des études de massothérapie au Canada. « J’avais toujours dans l’idée de devenir kiné. J’aimais cet aspect ‘travail du corps’. » Le Calédonien porte son choix sur une formation d’un an et demi dans une école privée. L’étudiant met alors de côté sa carrière de danseur. « Je voulais me former et repartir en Nouvelle-Calédonie. » Installé à Montréal en septembre 2013, Charles revient rapidement à ses premières amours. Dès le mois d’octobre, il prend des cours du soir à l’école de danse contemporaine de la ville. « Je ne voulais pas perdre mes acquis. » Sur les conseils d’un professeur, il passe les auditions pour intégrer la formation professionnelle de l’école qui se déroule sur trois ans. Un défi de taille pour le jeune homme qui n’a alors « aucune base en danse classique ». Coaché par son prof, Charles transforme l’essai et intègre l’école en juillet 2014. S’ensuit une année particulièrement physique. « Pendant un an, j’ai terminé ma formation de massothérapeute avec des cours le weekend et le mercredi soir. Le reste de la semaine, j’étais à l’école de danse. » Diplômé en juin 2015 d’un certificat professionnel, Charles voit son rythme de travail toujours aussi dense. « Je me formais en danse tout en travaillant comme thérapeute dans un spa et une clinique sportive 20h par semaine. »
 
Le Calédonien, danseur et chorégraphe, rêve de développer son style personnel
Le Calédonien, danseur et chorégraphe, rêve de développer son style personnel Crédits photos : Mélanie Demers - pendant une répétition de son solo « Homeland » (en haut ) / Emmanuel Albert - sa dernière création « Résistance » (à gauche) / Olivia N’Guyen pendant une répétition ©Mélanie Demers - pendant une répétition de son solo « Homeland » (en haut ) / Emmanuel Albert - sa dernière création « Résistance » (à gauche) / Olivia N’Guyen pendant une répétition

En 2017, voilà le Calédonien officiellement interprète en danse contemporaineSon talent et son investissement portent leurs fruits. Dès sa sortie d’école, Charles décroche des contrats comme danseur freelance. Passionné, mais les pieds sur terre, l’artiste jongle entre ses cachets, des ateliers de perfectionnement et son travail de masseur. Désireux de vivre intensément son rêve, il imagine rapidement ses propres chorégraphies. «Je veux développer un style personnel. » Ses sources d’inspiration ? « Les grands chorégraphes européens comme Hofesh Schechter, mais aussi les danses traditionnelles. » Là encore, son travail fait mouche. Il est une pleine création d’un deuxième solo Homeland, une introspection culturelle et ethnique. Il vient de terminer une commande pour une compagnie de la province du Nouveau-Brunswick, un quatuor baptisé Résistance et cosigne un duo Prototype. À 25 ans, Charles est loin d’avoir vécu tous ses rêves. Le danseur envisage de s’installer en Belgique et souhaite surtout continuer à faire grandir son art.
 
Charles crée ses propres chorégraphies depuis 3 ans

par ambre@lefeivre.com 
Artiste calédonien, Charles n’oublie pas son Caillou natal
En tant qu’artiste, j’ai besoin de me nourrir et d’expérimenter avant de rentrer au pays. Par la suite, j’aimerais contribuer au développement culturel du Caillou. J’aimerais que mon parcours soit inspirant pour les jeunes. En tout cas, je suis reconnaissant envers ceux qui me suivent au pays.
 
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