Calédoniens ailleurs : Elodie Nguyen, oser croire en soi

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Calédoniens ailleurs : Elodie Nguyen, oser croire en soi
Calédoniens ailleurs : Elodie Nguyen, oser croire en soi ©DR
Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure hors du Caillou ? Cette semaine, Elodie Nguyen, installée à Oslo (Norvège).
 
« Il faut oser. Il faut essayer de faire ce que l’on souhaite faire et garder confiance en soi. L’échec, c’est peut-être une autre porte qui s’ouvre. » Un mantra qu’Elodie applique depuis des années. Un état d’esprit qui lui a permis de relever bien des défis.

Son premier challenge ? Trouver sa voie. Si un temps, la Calédonienne d’origine vietnamienne s’est imaginée dans l’architecture – « j’adorais la combinaison entre arts et maths », elle décide d’intégrer une école d’ingénieur. « J’ai certainement été influencée par mes parents tous deux ingénieurs, je savais qu’il y avait des débouchés professionnels et j’ai ce côté très logique, technique. » Grâce au soutien du service Après Bac Service (ABS) en Nouvelle-Calédonie, elle est retenue à l’école nationale d’ingénieurs de Brest. « Ma scolarité s’est très bien déroulée mais j’ai rapidement remarqué qu’il manquait une dimension managériale, commerciale à mon cursus. » Constat qu’Elodie note encore plus quand elle effectue sa dernière année en contrat pro. « J’étais chez DCNS (groupe naval qui construit notamment des sous-marins ndlr) à Brest. J’étais chef de projet junior et j’ai découvert qu’il y avait dans mon métier cet autre aspect managérial et financier. » Diplômée en tant qu’ingénieure informatique en 2010, elle s’installe à Paris. « Je voulais être dans un environnement plus challengeant. » Recrutée par Computer Sciences Corporation, une entreprise de conseils en ingénierie informatique, la Calédonienne tourne en rond rapidement. « J’avais le même profil que mes collègues. Nous étions mis en concurrence et je me suis posé la question de savoir comment me démarquer. »
 
Elodie a repris ses études pour faire un master spécialisé à l'ESSEC
Elodie a repris ses études pour faire un master spécialisé à l'ESSEC ©DR

Vient alors le temps pour Elodie de relever un autre défi : reprendre ses études. Pendant un temps, en parallèle de son métier, elle prépare le concours de l’ESSEC (une des meilleures Business School de France et d’Europe ndlr). Reçue en 2012, Elodie choisit de faire son master spécialisé en strategy and management of international business à Singapour. « Je voulais y découvrir la culture. » Grâce à ses économies et à un emprunt, la Calédonienne passe là-bas « deux années d’études extraordinaires ». « L’ESSEC a des moyens, ils font venir les entreprises au sein de l’école et son réseau relationnel est maintenu et entretenu. » Diplômée en 2013, elle (re)débute sa carrière professionnelle à Singapour chez Safran en tant que business analyst.
 
Férue de sports à sensation, Elodie a pu les pratiquer à Singapour et à Oslo
Férue de sports à sensation, Elodie a pu les pratiquer à Singapour et à Oslo ©DR

Six mois plus tard, débauchée par BNP Paribas, la voilà prête un relever un nouveau challenge. « J’ai saisi cette opportunité car j’étais curieuse du monde de la banque. J’avais envie de découvrir un domaine plus généraliste. » Une prise de risque payante pour la Calédonienne. Embauchée en janvier 2015, elle reste en Asie avant que le groupe ne lui propose d’aller plus loin : devenir directrice régionale de la gestion des risques opérationnels pour la région scandinave.  Cette férue de sensations fortes accepte promptement. « J’avais envie de revenir en Occident, de relever de nouveaux défis en développant ma carrière professionnelle. Et puis j’avais envie d’apprendre des sports sur neige comme le snowboard ou le country ski. » Arrivée en décembre 2017 à Oslo, Elodie savoure sa nouvelle vie. « Ça se passe super bien. Le pays est apaisant et les gens sont respectueux et amoureux de la nature, comme chez nous. J’y retrouve les valeurs calédoniennes. » Son prochain challenge ? « Je ne suis pas partie à l’aventure dans le Pacifique et la Nouvelle-Calédonie me manque. J’aimerais m’y rapprocher un jour. »

par ambre@lefeivre.com 
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