Calédoniens d'ailleurs : Jean Lafleur, les montagnes russes de l’entreprenariat

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Calédoniens ailleurs : Jean Lafleur, les montagnes russes de l’entreprenariat
Calédoniens ailleurs : Jean Lafleur, les montagnes russes de l’entreprenariat ©Jean Lafleur
Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Etudes, recherche d'emploi, envie d'ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l'aventure ailleurs? Cette semaine, Jean, entrepreneur à San Francisco.
« Etre entrepreneur, je vois cela comme des montagnes russes. Un parcours avec ces hauts, ces bas, auquel il faut s’accrocher ».  A 31 ans, Jean Lafleur est un serial startuper. Installé aux Etats-Unis, il est le directeur général de CodinGame, une plate-forme dédiée à l’entraînement pour les développeurs. Auparavant, le Calédonien avait lancé plusieurs autres start-ups. Des expériences aussi enrichissantes que semées d’embûches.
 
Au sortir du lycée, Jean n’a pas d’idée précise sur son avenir mais souhaite intégrer une école d’ingénieurs. Il rejoint la prépa scientifique du lycée Sainte- Geneviève à Versailles avant de réussir le concours de l’école polytechnique. Un choix qu’il referait sans hésiter. « Je me suis éclaté dans cette école ».  Fort d’un double diplôme avec un master of Technology Policy à l’Université de Cambridge, le Nouméen se tourne vers l’entreprenariat et l’innovation. Il met en application ses compétences dès son stage de fin d’études qu’il effectue au sein de sa propre start-up. En 2009, en plein boom des applications mobiles, l’idée est de créer une plateforme où les gens déposeraient leurs projets d’application. « Nous étions très naïfs et pensions lancer plusieurs business à la fois. Nous avons implanté au finale une seule idée : une application de ski As-App ».  L’expérience se termine au bout de six mois avec la vente de l’application.   
Polytechnicien, Jean a défilé en 2007 sur les Champs – Elysées
Polytechnicien, Jean a défilé en 2007 sur les Champs – Elysées. Pendant sa première année, il fait un stage au sein des commandos marine ©Jean Lafleur

Très vite,  Jean se lance dans un second projet. Cette fois-ci, l’idée est de proposer une technologie au rayon x suffisamment puissante pour voir au travers des camions de fret. Le projet baptisé Lynceo Tech est séduisant mais difficile à mettre en œuvre. « Nous nous sommes rendus compte qu’il fallait encore deux, trois ans de recherche car la technologie n’était pas assez mature ».  L’aventure dure là encore six mois. Jean rejoint bientôt le co-fondateur de Deezer, Jonathan Benassaya. Le Nouméen devient son bras-droit en 2010, pour six ans. Les entrepreneurs se lancent dans plusieurs projets. Le premier, Plizy est un moteur de recommandations pour savoir que regarder à la télé le soir.  Le produit est un succès aux Etats-Unis mais le business model envisagé n’est pas à la hauteur de leurs ambitions. « Notre business model était limité comme nous n’étions pas détenteur des contenus que nous recommandions ». Le projet évolue et Jean s’envole pour les USA fin 2012. Il développe Streamnation, un espace de stockage pour photos, films, séries, musique,… L’appli est une réussite, se classant à plusieurs reprises parmi les meilleures applications de médias selon la presse américaine. Alors que Jean souhaite aller plus loin, les investisseurs préfèrent vendre.  « Cela a été l’expérience la plus enrichissante que j’ai eu depuis le début de mon parcours ».   
Installé à San Francisco avec sa femme et ses deux enfants, Jean continue son parcours d’entrepreneur
Installé à San Francisco avec sa femme et ses deux enfants, Jean continue son parcours d’entrepreneur ©Jean Lafleur

En juin 2016,  Jean débute sa quatrième aventure entrepreneuriale. En tant que directeur général de CodinGame, Jean a un rôle central et s’occupe autant de la stratégie du produit que du marketing ou du management. En parallèle, le Calédonien planche sur un nouveau projet,  Mediabucket.io.  Lancée avec deux amis, la plateforme fournit une infrastructure pour les médias.  Très occupé, ce père de famille ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. «  Etre entrepreneur est très prenant mais c’est aussi une philosophie de vie. On apprend tous les jours ». 

par ambre@lefeivre.info 
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