Covid-19 : les étudiants calédoniens en métropole, entre confinement et rapatriement

Des attentes interminables dans les aéroports, au confinement dans leurs résidences à cause du coronavirus, bon nombre d’étudiants calédoniens se retrouvent, malgré eux, dans des situations pour le moins complexes. Témoignages. 

Résidant au cœur de villes devenues fantomatiques, oscillant entre cours à distance et sorties encadrées... pour les étudiants calédoniens, l'épidémie de Coronavirus est synonyme d'organisation et d'une situation pour le moins exceptionnelle. Pour d'autres, le rapatriement express peut parfois prendre des airs d'opération contre-la-montre.
 

Rappel des consignes

Milissenta Filioleata est apprentie aide à domicile au sein d’une résidence pour personnes âgées qui doit continuer à exercer. Pour elle, les règles sont strictes. « On doit utiliser le gel hydroalcoolique, porter un masque et surtout, se laver les mains, au moins 30 secondes avant et après le contact avec les résidents. Lors de chaque déplacement, nous avons des attestations d’employeurs, qui précisent notre activité professionnelle, pour ne pas avoir de sanctions pénales, comme des amendes », explique la professionnelle.


Tous les commerces, bars, restaurants, écoles ou cinéma sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Une période de confinement qui rime parfois avec ennui, mais certains ne manquent pas d'imagination.


À l'image de Chloé Hecq, étudiante en licence de psychologie à Lyon. « Il y a des cours de sport en ligne, mais aussi des apéritifs organisés entre amis, pour garder le contact et ne pas se sentir trop isolé. Aujourd'hui, les réseaux sociaux existent et en ce moment, ils nous sont très utiles », assure la jeune femme. 

 

 

 

Attestation de déplacement 

Après l’annonce de mise en œuvre du confinement pour deux semaines, chaque déplacement est contrôlé, précise Alicia Cayuela, étudiante en master à Paris. « Si l’on doit sortir pour se réapprovisionner par exemple, il faut avoir une attestation sur l’honneur avec soi, sous peine d’amende si l’on se fait contrôler par la police ou l’armée ».

Emma Larthomas, étudiante à Nice, nous raconte son quotidien :

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Cours à distance

Pour avancer dans leur programme malgré le confinement, les établissements scolaires proposent à leurs étudiants de suivre les cours via diverses plate-formes en ligne. « Certains professeurs nous envoient des vidéos ou des mémo vocaux de leurs cours », explique Paloma Del Sol, mère de famille et étudiante en métropole.

Pour ne pas prendre de retard sur l’année scolaire, « l’ensemble du personnel de mon école, les informaticiens et l’ensemble des professeurs doivent s’adapter et nous donner les cours sous différents formats », ajoute de son côté Marine Joubert, étudiante en Master à l’Inseec de Bordeaux. 

Julie Djaoua, étudiante à Troyes raconte son quotidien depuis le début du confinement :

 


Supermarchés et pharmacies 

Chaque témoignage en fait état : les files d’attente s’allongent devant les supermarchés et les pharmacies, à mesure que les rayons se vident. Une situation critique pour les étudiants calédoniens, lorsqu'ils doivent faire leurs courses. « À Toulouse, les gens se sont rués sur les produits de première nécessité et les rayons sont vides », témoigne Solenn Le Maitre, étudiante dans la ville rose. 


Précisions de Florent Foissac, également étudiant dans la ville rose :


Une image de fin du monde, témoigne de son côté Brice Smat, étudiant à Montpellier. « L’accès aux grands magasins est maintenant contrôlé, pour respecter le nombre de personnes à l’intérieur. Les rayons sont vides, c’est une image de fin du monde et apocalyptique », assure le Calédonien. « On appréhende l’arrivée des militaires et des policiers dans les rues ». 

 

 

Gel fait-maison

Certains prennent leurs propres dispositions. Face à la pénurie de gel hydro-alcoolique, pour bon nombre d'entre eux, la solution, c'est le fait-maison. « Nous avons pris le soin de fabriquer nos propres gels maison à base d’alcool à 90, de gel d’aloe vera et d’huiles essentielles », explique Carla Gillardo, étudiante en master développement durable à l’université de Pau. 

Une solution en revanche pas conseillée par les professionnels de santé, qui conseillent de se laver les mains à l'eau et au savon.

L’étudiante tient également à rappeler que le « retour au pays est risqué, il est préférable de sensibiliser les jeunes étudiants calédoniens à rester en France quelques semaines ». 
 

Attentes interminables dans les aéroports

Si certains ont choisi de rester en confinement en métropole, d'autres préfèrent retrouver le confort de la maison familiale, quitte à attendre des heures, au cœur des aéroports. Pour pouvoir embarquer, il faut en revanche s'armer de patience et d'une attestation médicale, témoignant du bon état de santé du passager.

Le reportage de Sheïma Riahi et Nicolas Fasquel réalisé ce mercredi 18 mars :

©nouvellecaledonie

 


Messages d'espoirs

À plus de 22 000 km du territoire, l’attachement des Calédoniens en métropole est renforcé en cet épisode de confinement. Au travers d’une vidéo, tous ont souhaité donner leurs impressions et encourager leurs familles.