Covid-19 : hors du Congrès, l’obligation vaccinale en Nouvelle-Calédonie ne fait pas consensus

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Lors d'une session de vaccination anti-Covid-19 à Boulouparis.
Lors d'une session de vaccination anti-Covid-19 à Boulouparis. ©Brigitte Whaap / NC la 1ere
Population, Sénat coutumier, syndicats… Les réactions au texte sur l’obligation vaccinale en Calédonie qui a été adopté ce vendredi confirment que sur le Caillou Covid-free, comme ailleurs, le sujet divise.

Et vous, vous êtes d'accord pour être vacciné(e) anti-Covid-19 ? Le sujet enflammait les conversation des Calédoniens bien avant que l’obligation vaccinale ne soit décidée. Autant dire que les réactions recueillies par NC la 1ere après le vote au Congrès ne sont pas unanimes.

A chacun son avis

"Je trouve ça totalement inadmissible. D’où on force les gens à prendre un produit qu’on ne veut pas forcément ?", dénonce ce passant croisé au centre-ville de Nouméa.

Dans un magasin, cette salariée s’avoue "ni pour ni contre : je respecte le choix des gens mais personnellement, je ne suis pas pour le vaccin. J’ai l’impression d’entendre 'cobaye'." 

Passe un conducteur de deux-roues. Il défend "l’intérêt de la communauté qui passe avant l’intérêt individuel. Il faut le faire pour le bien de la société." 

Quant à cette jeune femme, elle explique travailler à l’hôpital. "C’est important, pour les personnes auxquelles on tient. C’est une sécurité pour tout le monde. A Tahiti, c’est vite parti."

Des réactions recueillies par Sylvie Hmeun et David Sigal :

 

Le Sénat coutumier "prend acte" mais évoque "la liberté individuelle" 

L'institution prend acte du vote. Et précise que durant le congrès du pays kanak, il "s'est positionné en faveur de la campagne de vaccination portée par le gouvernement". Mais le communiqué signé de son porte-parole, Hippolyte Sinewami-Htamumu, précise aussi que "le Sénat coutumier prône la liberté individuelle des citoyens de la Nouvelle-Calédonie de choisir en [leur] âme et conscience de se faire vacciner ou pas". Par ailleurs, il "s'étonne de la non-consultation de son institution sur ce projet de délibération". 

 

L’Usoenc aurait aimé une discussion entre partenaires sociaux

A l’Usoenc, premier syndicat de Nouvelle-Calédonie, la décision de rendre la vaccination obligatoire aux Calédoniens est plutôt bien accueillie. Même si son secrétaire général regrette que certains points n’aient pas été discutés en amont.

"On a eu connaissance d’une délibération pour l’obligation vaccinale de toue personne entrant sur le territoire. Ça, on y est favorable", explique Milo Poaniewa. "Maintenant, on a découvert des amendements pour tous les Calédoniens majeurs. On aurait souhaité au préalable une discussion entre les partenaires sociaux. Derrière, il y aura des conséquences au niveau du droit du travail."

L’USTKE plutôt pour, à condition de protéger le salarié

Du côté de l’USTKE, la décision est également bien accueillie. Mais le syndicat entend rester vigilant sur la suite de la mesure pour les entreprises. "Il y a une responsabilité de nos politiques vis-vis de la population, qui est liée à ce qui se passe en Polynésie, avec le variant Delta. On peut l’entendre", réagit Fidel Malalua, quatrième vice-président. "Pour autant, au niveau du monde de l’entreprise, nous avons émis certains avis pour protéger le salarié."

L’UT CFE-CGC craint les effets au travail

"On prend acte de la décision", déclare Christophe Coulson, président de l’UT CFE-CGC, en précisant toutefois : "Nous serons vigilants sur les impacts que cela pourra avoir sur les relations de travail. Lorsqu’un salarié refusera de se faire vacciner, il risque d’y avoir des conséquences. On sera là pour regarder et trouver des relations ensemble."

L’Interpatronale est favorable à l’obligation

Elle réunit trois organisations patronales représentatives. "Pour la CPME comme pour l’Interpatronale, nous étions d’accord pour la vaccination obligatoire pour tout le monde", résume Yann Lucien, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises. "On pense que nos salariés ne peuvent pas venir au travail s’ils ne sont pas vaccinés, le jour où le Covid entrera en Calédonie."

La Cogetra comprend la gravité de la situation

Egalement favorable à cette obligation de vaccination, la Cogetra. "On considère que la situation est suffisamment grave pour qu’on fasse abstraction de certains principes", lance son président Jean-Pierre Kabar. 

Cinq réactions syndicales recueillies par Sheïma Riahi et Laura Schintu : 

 

Solidarité NC s'oppose

En revanche, le syndicat Solidarité NC n'a pas attendu le vote au Congrès pour l'écrire : il s'oppose à la vaccination obligatoire contre le virus. "Pour les principales raisons suivantes : "risque de bafouer le code du travail, manque de transparence, risque d’atteinte au secret médical". Pour le syndicat non représentatif, "la validation de la vaccination obligatoire de la population calédonienne aura des conséquences sur les plans de l’emploi, de l’économie et du social".

EPLP dit "Non!", marche à Nouméa samedi

"Pour nous, c'est Non, mille fois Non", a réagi l'association Ensemble pour la planète sur les réseaux sociaux, vendredi après-midi. Au nom de l'opposition à toute obligation vaccinale et de l'exigence de soins, EPLP, à travers Martine Cornaille, parle de "désastreuse décision de nos élus". Comme le collectif ReinfoCovidNC, elle appelle à rejoindre la marche organisée samedi à Nouméa, "pour une Calédonie sans pass sanitaire ni obligation vaccinale".